05 septembre 2011

retrouvaille

Le train s’arrêtera en douceur le long du quai. C’est souvent comme ça. En douceur. Cette impression là. Les véhicules modernes font moins de bruit que les anciens. Et peut-être que les conducteurs modernes sont moins brusques avec les commandes, allez savoir. J’aimerais bien savoir, d’ailleurs, moi qui aimais tant les trains lorsque j’étais enfant. Bref. Le TER du soir s’arrête généralement en douceur le long du quai de ma gare rurale. Et ce soir il le fera encore, il n’y a pas de raison. Ça m’étonnerait que je sois le premier à me... [Lire la suite]
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03 septembre 2011

la carrière de Normandoux

Laisser dériver. La barque. L’esprit. Jouer des lignes. Penser en rythme. Absorber les couleurs.   Croire au silence. Ne vouloir percevoir que le chant lointain d’un geai. Et le ronronnement ténu du moteur électrique. Silence illusoire, puisque d’on ne sait où dans les frondaisons jaillit une musique obsédante, tandis que sous le hangar on s’affaire autour du repas à venir.   La barque glisse sur l’eau trouble. Soixante centimètres insondables. Le danger est partout. Heureusement nous portons des gilets de... [Lire la suite]
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01 septembre 2011

les couleurs

Sur la route qui descend du Lassithi vers Agios Nicolaos et Neapoli, j’éprouve une sorte de vertige, je ne sais pas pourquoi. Les virages et la végétation n’y sont pour rien. C’est plutôt l’émotion. Tu demandes que nous nous arrêtions. Des larmes naissent aux coins de tes yeux. Tu me dis que la lumière, et les couleurs. Je trouve un endroit pour stationner au bord de la route. Tu me dis que c’est déjà trop tard, que c’est moins beau, moins impressionnant, moins émouvant, moins tout ce qu’on veut que plus haut. Tu me dis que le... [Lire la suite]
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31 août 2011

montgolfière

Nous nous étions détachés. Nous voguions en plein ciel. Il me suffisait de fermer les yeux. Et je m’envolais haut, mais haut, parmi les nuées assagies. Alors me revenait ce vieux désir d’une balade en ballon. Je me disais qu’il me restait encore ça à vivre. Entre autres. Entre beaucoup d’autres, même. Glisser au petit matin dans le grand silence, et voir rougir l’aurore, et m’émerveiller de tout. Survoler la Sologne ou les étangs de Brenne. Ou encore ces suites infinies de pavillons qu’on imagine, peut-être à tort, sans charme.... [Lire la suite]
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29 août 2011

enfant

Notre vie, pavée d’imprévu. Notre vie, pavée d’embûches.   À l’ombre du grand cerisier, dans notre cocon de verdure. Nous sommes autour de la table rouge. Elle se délite un peu, il faudra songer à la remplacer. As-tu remarqué ? Ces taches de gras. Hier la table n’a pas été nettoyée. Il faut dire qu’il faisait sombre, il était minuit du soir, et la lune se dissimulait derrière des grappes de cumulus.   Sur le côté des verres, du cristal si fin de Baccarat, la buée ruisselle un peu. Et les fines bulles escaladant le... [Lire la suite]
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26 août 2011

parasites

Mes oreilles tentent de faire le vide. Je voudrais ignorer quelques secondes le bourdonnement de nos conversations. Ce serait presque possible. Personne ne dégoise de propos incohérents. Personne n’a exagérément forcé sur la bouteille. Et même personne ne se targue de déchiffrer les questions de triviale poursuite dans les papiers d’apéricubes. Les conversations sont paisibles, aussi parviens-je un instant à m’extraire et à écouter les stridulations diverses émanant de la prairie. C’est sans compter avec la micheline de Limoges, dont... [Lire la suite]
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24 août 2011

à l'ouest

Le lendemain du sirocco, nous nous traînions, harassés, dans les rues de La Canée. Le thermomètre devait approcher des quarante degrés. C’est du moins ce qu’il affichait dans le car du retour. 39,5°.   Nous avons traversé une contrée où on cultivait notamment des agrumes. Nous apercevions oranges et citrons, disséminés au hasard au milieu de plantations d’autre chose. Et cela nous faisait envie.   Nous apprîmes qu’un village des environs s’était approprié la paternité d’un certain  Domínikos Theotokópoulos, plus... [Lire la suite]
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23 août 2011

l'abeille

J’avais posé mes valises. Je me laissais imprégner par la quiétude de l’instant présent. Était-ce l’heure du repas ? Déjeuner ou diner ? Oui c’est cela nous mangions. Nous sirotions du rosé. Et c’était le soir, parce que le silence. Il est parfois un silence d’une qualité spéciale qui s’abat sur le jardin. Il faut en profiter. Se laisser faire, lâcher prise, communier avec la terre, ne serait-ce que quelques secondes. C’est un silence peuplé de mille bruits, évidemment. Je ne sais rien du vrai silence. Je le suppute... [Lire la suite]
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21 août 2011

sirocco

Nous n’avons pas photographié la nuit crétoise. Pas plus que le crépuscule. La fausse animation de la rue de Stalida ne méritait pas qu’on gaspille des pixels par milliers. Pour rire, nous aurions pu. Nous nous serions plantés au bord d’une de ces plages qu’on a décrétées privées, avec location de chaise longue obligatoire. La nuit ça ne compte pas et tous les chats sont gris. Nous aurions flashé au jugé sur les flots. D’ailleurs chaque soir, alors que nous sommes attablés à la terrasse de l’hôtel, dégustant sagement de la nourriture... [Lire la suite]
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19 août 2011

message contemporain

Le goudron n’en est pas à fondre et à coller sous nos semelles. Pourtant, l’été. L’impression de champs de blé accablés. Orange. Moissonnés beaucoup plus tôt que d’ordinaire. Ils ont aussi ramassé le colza. Le ballet des moissonneuses se devine aux nuages poussiéreux aperçus sur l’horizon.   Je me souviens d’un autre juillet. Tandis que nous revenions de la côte, les colonnes de fumées noircissant le couchant, les incendies.   Nous vidons la bouteille de volvic.   Tu me regardes. (ton regard clair et confiant)... [Lire la suite]
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