le carnet vert

26 août 2016

un jour comme un autre

Un vendredi matin. Un vendredi de travail. Un vendredi d’été. Un jour comme les autres : aujourd’hui. Il fait beau et doux, un jour d’été normal. Je sors du parking. Celui de la boîte ou le parking public, peu importe. J’actionne l’ouverture du sas avec mon badge. J’enregistre mon horaire d’arrivée à la pointeuse. Plus que trois passages.

Couloir, escalier, porte d’entrée du service.

Le dernier matin.

On s’amuse, on m’acclame, un ban pour le chef ! Je ris de bon cœur. Je fais la tournée des présents, une bise par ci, une poignée de main par là. Je m’attarde çà et là. On parle vacances. Pas vacances éternelles, juste vacances. C’est normal, on est en été. Certains sont revenus d’autres sont partis. Je dis que mes vraies vacances sont pour bientôt, dans quelques jours, après le pot. Un mois loin de chez moi, avec Elle, pour une vraie transition entre la vie de maintenant, jusqu’à tout-à-l’heure, et la vie d’après, celle que je ne connais pas encore, que j’envisage vaguement et durant laquelle on n’a jamais le temps, paroles de mauvais augures.

Un vendredi matin comme celui-ci, on fait comment pour le savourer ? Je l’ignore. J’avance pas à pas dans la journée, comme d’habitude, encore dans l’action, sans trop me soucier de l’après. Tu es content, me demande-t-on ? Oui, bien sûr que je suis content. Mais comment se dire sereinement qu’on met un terme à certaines habitudes, à des fonctions, à un statut, tandis que le travail continuera, inexorablement, sans moi ? Je ne sais pas.

Un vendredi comme celui-ci est-il un jour ordinaire ? Non, puisqu’il est le dernier jour de ma vie professionnelle.

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03 août 2016

le premier jour du reste de ma vie

Le premier jour du reste de ma vie sera un samedi. Il fera suite à un vendredi, ce qui est normal, un vendredi qui sera le dernier jour de ma vie de travailleur.

Un samedi, ça ne compte pas dans ma vie de travailleur, enfin pas souvent. Le samedi est un jour de marché et d’apéro. Ou de découverte. Ou de maison. Ou d’amour. Ou de rien. Ou de tout à la fois. Ça dépend de l’humeur. Un samedi peut-il être un premier jour de ce qui restera ? Repoussons donc au lundi suivant. Non j’ai encore un sursis. Disons jusqu’au mercredi qui suivra mon pot d’adieu. Alors là oui, je pourrai dire que j’entre dans le reste de ma vie. Je n’aurai plus à activer les portes automatiques de la boîte avec mon badge, je n’aurai plus à enregistrer mes horaires, je ne verrai plus l’intérieur des murs vénérables, ni l’éclairage incertain des couloirs trop vastes, ni le lino vert des marches de pierre, usé jusqu’à la corde par des générations de pas que je n’ai pas connus. Mon bureau a déjà changé d’apparence. Le dessus est certes encore encombré des dossiers en cours, enfin qui pour la plupart étaient en cours à un moment quelconque, et que je n’ai jamais pensé à jeter (à archiver verticalement, comme on dit encore parfois dans les bureaux, mais de moins en moins depuis que le papier est devenu une denrée d’exception), mais les tiroirs sont vides. Ou presque. Plus grand-chose ne me retient. Je suis comme un ballon, accroché à la tâche par un fil de plus en plus distendu.

Bientôt, dans un petit mois, j’entrerai dans ce qui reste de ma vie. Autant dire dans l’inconnu.

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14 juin 2016

radio en grève

Aujourd’hui, jour de grève à la radio. Je prépare le petit déjeuner. Je vais chercher Elle, encore ensommeillée. Au radar, elle s’assoit. Je ne sais pas si elle s’en aperçoit, ou plutôt je fais semblant de ne pas savoir, pour le jeu, alors je le lui dis : ils sont en grève. Nous soupirons, parce que ça fait comme une épine plantée dans le gras de notre semaine. Parce que, vu que nous regardons peu la télé et que nous n’achetons pas le journal, nous écoutons habituellement les infos du matin à la radio qui cause, en même temps que nous petit-déjeunons. Ce n’est jamais particulièrement gai, surtout en ce moment, mais il faut bien savoir un peu.

Ce matin, rien. Que des chansons et des musiques que nous n’avons pas choisies, que nous n’avons pas forcément envie d’écouter, bruyants vecteurs de frustration. Encore heureux qu’ils n’en profitent pas pour nous abreuver de réclames crétines et de jingles abrutissants, comme sur les autres radios, celles qui ne font pas grève.

Nous trempons nos tartines, nous buvons nos jus de fruits, nous rangeons les bols dans la machine à vaisselle, tout ça bof bof, parce que la radio qui cause ordinairement ne cause pas aujourd’hui. Et puis soudain, du ronron sonore qui peine à éveiller notre attention jaillissent quelques notes de guitare qui me projettent en d’autres lieux, en d’autres temps ; me voilà dans ma chambre d’ado, griffonnant des poèmes sur des bouts de papier froissés ou des tickets de métro usagés, tout en écoutant la voix chaude du chanteur. Je rêvasse, je bats la mesure au rythme des branches du bouleau qui s’agitent devant la fenêtre. Je me projette dans des ailleurs encore chimériques, dans une city of night sans réalité tangible, ne me doutant pas que je n’irai jamais en Amérique, remarquez, il n’est jamais trop tard, mais je crois bien que je n’en ai pas envie. La ville évoquée restera sans doute pour moi une cité virtuelle, ayant peu de rapport avec la pochette rouge foncé du disque qui tournait alors sur l’électrophone, L.A.woman.

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07 juin 2016

l'atelier

J’ai voyagé en enfance. On pourra aisément me faire remarquer que ce n’est pas la première fois. Évidemment. Même si la maison qu’habitaient autrefois mes grands-parents est méconnaissable, crépie comme elle l’est dans un ton légèrement rosé, je voyage forcément en enfance dès l’instant que je me trouve dans les parages. J’ai du mal à me souvenir de l’apparence du jardin autrefois. À dix ans, le sujet ne m’intéressait pas, d’autant qu’il fallait traverser la cave pour s’y rendre. Un périple effrayant dans l’obscurité et les toiles d’araignées. Autant dire une expédition. Je ne peux pas dire que j’étais timoré et que je ne tentais jamais l’aventure. Mais la cave, définitivement non. Donc je n’ai pas gardé de vue précise du jardin. En tous cas je suis presque sûr qu’il n’était pas affublé de la présence incongrue d’un bananier et d’un palmier. Des arbres exotiques chez nous ! Quelle idée !

Au moment où nous passions là, tandis que j’expliquais à mes accompagnatrices qu’on avait dû rétrécir le canal afin d’établir une promenade sur sa rive, le carillon de la collégiale a retenti. J’aurais pu fermer les yeux. J’aurais pu imaginer l’appel des péniches devant l’écluse, ce qu’on entend plus depuis longtemps. Hier j’aurais eu dix ans, c’est sûr.

Et puis voici que dans la maison voisine, l’atelier du peintre était ouvert. Nous nous étions promenés là maintes fois, nous avions déjà jeté un œil curieux à travers les vitres poussiéreuses, nous avions détecté un fouillis d’établis encombrés, de pots entamés et de toiles retournées, mais jamais âme qui vive, et toujours porte close. Alors cette fois, tandis que le carillon sonnait au clocher de la collégiale, sans doute était-ce l’heure de la messe, ou alors l’heure tout court, dix ou onze, peut-être, tandis que l’atelier béant nous tendait les bras, nous sommes entrés sans nous poser trop de questions. Le peintre nous a accueillis. Nous avons parlé longuement, peut-être une demi-heure, la rencontre était passionnante, je pourrais l’en remercier. Avec lui nous avons voyagé au Burkina, au Togo, dans des maisons ressemblant à des poteries géantes, dans l’antre d’un chamane, dans des contrées rougies par la poussière, et même dans le métro de Paris. La prochaine fois, je me rendrai en Asie, a dit le peintre. Si nous lui rendons à nouveau visite, nous voyagerons encore. Et puis avec, tout près, le canal, le carillon de la collégiale, et le jardin de mes grands-parents affublé de son bananier, je voyagerai encore en enfance, aucun doute là-dessus.

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23 mai 2016

le Petit José

J’étais tout gamin, j’avais quoi, dix ans peut-être. Je revois mon grand-père, assis sur une chaise ordinaire, devant son bureau (qui est devenu par la suite le bureau de mon père), ayant pris soin d’avoir suffisamment de recul pour accueillir mon cousin sur ses genoux. Je le revois heureux comme tout, murmurant les choses qu’on raconte habituellement aux gamins, en français ou en alsacien, ça je ne m’en souviens plus. Je me rappelle surtout que, pour lui, mon cousin était « le Petit José ». J’ignore pourquoi il lui avait donné ce surnom. Il ne s’appelle ni José, ni Joseph, ni rien de ressemblant.

Hier, lors d’un salon, je n’ai pu m’empêcher de dédicacer un livre à mon cousin, en écrivant «au Petit José, comme t’appelait notre grand-père ». Ce souvenir était si vivace en moi, si chargé d’émotion.

Hier nous avons scellé nos retrouvailles autour d’un verre de crémant. Dehors, il pleuvait obstinément, et pourtant je vivais un rayon de soleil. Voilà bien trente ans que nous ne nous étions pas rencontrés, que nous n’avions même que peu de nouvelles l’un de l’autre, la faute aux aléas de la vie, comme toutes les familles en connaissent. Nous nous sommes raconté nos vies, nos enfants, nos projets, les liens qui se font et se défont. Nous avons évoqué quelques vieux souvenirs, comme ces quelques jours qu’il avait passés chez nous lorsque nous habitions Lons, et puis un peu plus tard, alors que nous avions déjà migré à Poitiers. Nous n’avons pas parlé de la purée mousseline qu’Elle avait complètement ratée pour l’occasion. Il y a un tas d’autres choses dont nous n’avons pas parlé. Tout est à taire ou à raconter. Peu importe, tout est aussi à inventer. Et les occasions ne manqueront pas, je veux le croire, de partager quelques bouteilles de vin blanc sec.

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09 mai 2016

Romain Rolland

Parfois j’habite rue Romain Rolland. Habiter une rue portant le nom d’un écrivain est une satisfaction pour le grand lecteur que je suis. D’autant que certaines des plaques émaillées un peu vieillottes qui jalonnent la rue indiquent « Romain Rolland, écrivain du peuple ». Je n’aurais certes pas apprécié qu’on nomme la voie de manière ostentatoire du nom d’un écrivain des riches ou d’un écrivain des rois. Écrivain du peuple me convient à ravir.

Je crois, à mon grand dam, que je n’ai jamais lu une ligne de Romain Rolland. Ou alors à l’école, à mon corps défendant. Il faudra que je retrouve les extraits de ses textes dans mon Lagarde et Michard du vingtième siècle. Oui, je possède tous les siècles, la collection complète. Ils m’ont été offerts. Je ne les ouvre jamais. Je n’ai pas envie de me croire sur les bancs du lycée. Je n’ai pas aimé disséquer pendant des heures, toutes plus ennuyeuses les unes que les autres, les vers et les répliques des grands classiques. Par réaction sans doute, en tant que lecteur, je suis né du polar et de la série noire et je n’ingurgite que des romans actuels, la table des nouveautés, dans toutes les librairies, étant suffisamment fournie pour que je m’abstienne de farfouiller dans les rayons. Pour en revenir à celui qui a donné son nom à ma rue, il va falloir que je fasse un petit effort et que je passe outre mes habitudes ; il va falloir que je le lise. Peut-être par association d’idées aurai-je alors un regard attendri pour mon enfance. En CP et en CE1 j’ai fréquenté une école Romain Rolland.

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20 avril 2016

oiseau de légende

En Catalogne, nous avons visité les vestiges d’une cité ibérique, à quelques encablures de la mer. Le commentaire échappé des audio-guides, dit (en français, dieu merci, et j’ignorais jusque-là que j’utiliserais un jour un engin de cette sorte) par un des archéologues du site, était ma foi fort intéressant et nous faisait déambuler à petite vitesse dans le dédale des ruines. Je ne sais pas si je me souviendrai de tous les détails concernant les murailles, les silos à grains, les fouilles horizontales ou verticales. Peu importe. Sur le moment c’était passionnant, et c’est bien là l’essentiel. Ce jour-là, le vent d’autan s’était calmé et comme le ciel était bleu et que nous dominions une campagne riante, je prenais allègrement des photos. Je déclenchais tous azimuts. J’engrangeais la pierre et le cyprès, la terre et l’olivier. Et puis les rayures formées par les parcelles cultivées, jaune du colza et vert des céréales, du rythme, toujours du rythme, l’œil en a besoin. La seule chose que je regrette de n’avoir pu capter c’est le vol des oiseaux. Parce qu’ils volaient, précisément, et à l’allure vertigineuse des hirondelles. Il s’agissait pourtant d’oiseaux plus gros, de la taille d’un merle, disons, avec du chatoyant dans le plumage, que j’ai regretté de ne savoir nommer. Nous avons bien tenté de nous renseigner auprès des gens de l’endroit, mais personne n’avait remarqué d’oiseau particulier, alors nous nous sommes dit que nous étions peut-être deux à avoir rêvé, Elle et moi, d’un oiseau de légende.

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04 avril 2016

gato barbieri

Ce matin, pendant que je me range sur le parking de la gare, j’entends à la radio l’indicatif d’une émission disparue depuis longtemps. Enfin je suppose, parce que même si je n’ai jamais écouté cette émission, je sais que l’animateur en est décédé depuis quelques années. On nous incite à deviner l’auteur de ces quelques notes de saxophone et, sans spécialement connaître le morceau dont elles sont tirées, je suis tout fier de savoir répondre, car un tel son est identifiable entre tous, une musique que, dans mon imagerie personnelle, j’assimilais autrefois à du feu. Je suis content. Ma joie est toutefois de courte durée, tandis que j’apprends que Gato Barbieri est mort avant-hier.

 


https://www.youtube.com/watch?v=gRIbuIeTew4 

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08 mars 2016

en suivant le courant

Ancré dans un samedi frais, je suivais le courant. La radio annonçait de la neige et des bourrasques, ailleurs, pas toujours très loin. Si on y ajoutait le va et vient habituel des vacanciers à cette saison, la route pourrait s’avérer difficile pour certains automobilistes malchanceux. Je n’étais pas concerné. J’en étais bien aise.

Hormis quelques giboulées, il faisait beau. Je suivais le courant.

C’est quelques jours plus tard qu’il me vient à l’esprit que j’étais ancré dans quelque chose et qu’en même temps je suivais un courant. Qu’en cette journée-là, faite d’eau vive et de décor ferroviaire, j’approchais de certaines de mes racines.

Je revois en particulier un paysage précis.

Je saurais peindre, je tenterais peut-être de le faire revivre.

Je me souviens qu’enfant je conservais mon regard rivé sur le tableau qui s’offrait à moi, en contrebas de la voie. Je ne sais même plus si je me rendais compte que la vitre du compartiment était sale. Le train filait à travers la campagne bourguignonne. Le vert des prés éclatait. On l’aurait cru repeint de neuf. Et au milieu serpentait une petite rivière, l’Armançon, je crois, parfois fantasque, le plus souvent paisible, qui, en ces temps de couleur vive, se répandait un peu en dehors des rives, s’en allant lécher les pattes des ruminants placides.

Voilà les images qui me venaient. Ou qui me viennent quelques jours plus tard. Des lieux distants de quelques centaines de kilomètres, vus en un temps que je dois compter en décennies.

Le matin j’avais enjambé la Sèvre à plusieurs reprises, et longé des canaux gorgés des récentes pluies. Le marais suintait. J’ai repéré une longue allée de bois qui invitait à la promenade. J’aurais eu le temps et j’aurais été armé de mon appareil photo, je me serais certainement arrêté. Je reviendrai avec Elle.

La Sèvre ne ressemble pas à l’Armançon. Le marais n’évoque pas la moindre vallée de l’Auxois. Je n’aurais eu aucune raison de cette association d’idée si, l’après-midi même, je n’avais eu l’occasion de visiter une maison à vendre, proche d’une voie ferrée. Des fenêtres de l’étage, on pouvait voir les rails tout proches. Si l’affaire venait à être conclue, la pièce deviendrait la chambre de mon petit-fils. Je me suis demandé si, à son âge, j’aurais aimé cette situation : me tourner vers la fenêtre de ma chambre et voir les rails, voir les trains, les suivre du regard et du rêve dans leur course folle. Je crois bien que oui.

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23 février 2016

pléonasme

Je n’aime pas la neige. Sans doute ai-je depuis longtemps perdu une partie de mon âme d’enfant. Je n’ai même plus l’idée de regarder par la fenêtre du bureau en plein mois de mai pour m’exclamer ensuite, oh, il neige ! Quel plaisir de voir alors toutes les têtes se tourner bêtement vers l’extérieur.

Non, habituellement je n’aime pas la neige. Notamment lorsqu’elle menace de recouvrir la route, rendant périlleux le moindre déplacement. Je sais, on va m’objecter que le ski c’est rigolo, la luge aussi. Certes. Personnellement, et je pense qu’Elle partage mes choix, je me contenterai de chausser les croquenots de randonnée, voire de m’équiper de raquettes pour m’aventurer dans la poudreuse vierge de pas, parmi les épicéas couronnés de blanc.

Nos jeunes ne l’entendaient pas ainsi, qui se précipitèrent sur les pentes glissantes dès le premier matin. Il suffit de trois fois rien. Un grain de sable dans les rouages. Une ébauche de tremplin à peine visible. Une luge mal maîtrisée. Et la petite fait un vol plané, suivi d’une mauvaise chute. L’accident stupide (je le dis par goût du pléonasme, les accidents intelligents étant fort peu fréquents). Mais enfin la voilà avec l’épaule en écharpe pour une durée indéterminée, le médecin parle de ligaments éventuellement sectionnés, il faudra peut-être envisager une opération. Tout ça pour un petit tas de neige de rien du tout.

Je n’aime pas la neige, en principe. Et pourtant, en dépit de ces péripéties, j’ai aimé me promener au milieu du blanc. J’ai aimé photographier les flocons tombant en rangs serrés. Je me suis même aventuré, pour redescendre dans la plaine, sur la route qui traverse la forêt de la Joux, sachant fort bien qu’elle ne serait pas bien dégagée et que certains passages pourraient se révéler hasardeux. Au bout de cette route-là nous attendait le plaisir : faire provision de fromages comtois et déguster de délicieuses orangettes au chocolat noir. Quand on aime, on fait parfois abstraction des risques, ou du moins on cesse de les amplifier. Et on oublie qu’on n’aime pas la neige.

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