29 septembre 2009
bagages
Ils auraient aimé pouvoir dire que dans les fils du téléphone circulait tout le bonheur du monde.
Ils étaient si heureux de se parler.
Ce n’est hélas pas le cas.
Car chacun d’eux était encombré de pesants bagages qu’il ne savait pas vraiment où poser.
Et même si la conversation eut comme effet de conjuguer leurs forces,
Pour autant, les valises immuables ne perdirent rien de leur lourdeur.
15 juin 2009
partage
Catherine peignait. Parfois je me dis qu’elle est passée parmi nous sans laisser de trace. J’aurais bien aimé qu’elle nous cède un tableau, mais Elle n’a jamais osé le lui demander. Elle était pourtant son amie la plus proche.
Je suis sûr que Catherine aurait fini par nous peindre quelque chose. Si elle avait eu le temps. Il y aurait eu un peu d’elle sur nos murs.
Les tableaux de Catherine, ceux que nous connaissons, sont enfouis en nous.
La dernière fois que nous avons vu Catherine, j’avais tenu à accompagner Elle à la clinique. C’était ma place, je pense.
Quand son visage diaphane de vieille femme a montré trop d’épuisement, nous avons embrassé Catherine et nous sommes sortis.
André nous a reconduits jusque dans la cour de la clinique et nous avons partagé une cigarette. Entendons-nous : je ne fume pas, et je n’ai pas fumé cette cigarette, mais nous sommes restés avec lui le temps de cette cigarette-là, le temps d’un partage. Nous ne parlions presque pas, et c’était bien ainsi.
Le lendemain, Catherine n’était plus là. Elle avait quarante-trois ans.


