Simonne est partie sur un air du Lac des Cygnes. Mon émotion n’était déjà pas feinte, mais quand les notes sublimes ont retenti sous la voûte romane, bien qu’émises par un modeste lecteur portatif, un long frisson incontrôlable a parcouru mon dos. Il est dur de retenir ses larmes quand un être cher nous quitte, et sur une telle musique. J’ignore si dans sa jeunesse Simonne était danseuse. Je ne crois pas. Je l’ai déjà entendu dire qu’elle aimait la gymnastique. Alors pourquoi pas la danse. En tous cas, à ma connaissance, elle ne figurait dans aucun corps de ballet. Je ne suis pas danseur non plus, bien loin de là, mais j’aime le Lac des Cygnes. La musique. Je fais parfois des infidélités au jazz : j’aime Tchaïkovski. Si je devais emporter une brève sélection de CD sur une ile déserte, Le Lac des Cygnes en ferait sans doute partie. Il faut que je remercie Marie, et Elle, d’avoir choisi un air que j'aime pour accompagner celle qui partait. Ainsi lorsque je penserai à Simonne je me souviendrai longtemps de son sourire espiègle, de ses réparties acérées et pleines d’humour, et de cette musique.