Nous sommes au bord d’une route escaladant les flancs du Lozère. Septembre agite doucement ses herbes folles et les fruits vermillon aux branches des sorbiers. Je me tiens au côté de mon père. Nous tentons vainement de nommer chaque sommet émergeant des lointains bleutés. Nos souvenirs sont trop anciens. Plus de quarante ans ont passé. C’est à peine si nous reconnaissons, tel un Fuji-Yama méridional, la masse trapue du Ventoux. Nous ne saurons jamais. Jamais nous ne nous pencherons ensemble sur les cartes et les boussoles.

 

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Voici quelques temps déjà, des semaines, voire des mois, que cette image m’obsède sans que j’en connaisse la raison, et voilà qu’elle sera maintenant associée de manière indélébile à mon chagrin, puisqu’un matin de la semaine dernière, un matin étrangement lumineux, mon père s’est en est allé dans son sommeil.