05 août 2015

courage

Du courage. Ce qu’il faut pour supporter le poids des jours, le poids du ciel. Les jours qui se font dans les trames qui se détricotent inlassablement, le ciel du plus en plus présent, à travers les trames ajourées jusqu’à disparaître. Du courage, il en faut toujours, face aux jours qui se dilatent, face aux piliers qui se délitent, face aux phares qui s’obscurcissent. Mes mots sont obscurs, peut-être. Qu’on m’excuse : ils sont jaillis automatiquement à la suite du premier cité, courage, ce dernier entendu dans une cage... [Lire la suite]
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23 juillet 2015

gartempe

Ce matin, mes genoux sont encore rouges à force d’avoir heurté les rochers. Je ne m’en plains pas. Au contraire j’en éprouve de la tendresse. Nous avons nagé dans la rivière. L’évènement est banal et mémorable à la fois, car cela fait combien de temps, peut-être dix ans. Plus ? Peut-être plus. Nous avons nagé dans notre rivière, à un endroit où il y a suffisamment d’eau. Debout au milieu, j’avais de l’eau jusqu’au menton. Il se peut même que je n’avais pas pied partout. Je me suis dit que j’allais nager jusqu’aux rochers qui... [Lire la suite]
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22 juillet 2015

canicule

Quelques jours ont passé, pas loin d’une semaine. Ma vision est devenue un peu irréelle, rien de plus naturel. Devant nous, à gauche de la route, s’étendait un champ. Un banal champ du Val d’Amour, près duquel j’étais déjà passé mille fois. Qu’on ne me demande pas l’origine de ce nom charmant pour désigner la basse vallée de la Loue, je n’en sais rien. Le champ semblait écrasé par la chaleur, le chaume incandescent, dès cette fin de matinée. Ma perception était altérée par la présence de la climatisation dans la voiture. J’ai... [Lire la suite]
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22 juin 2015

un muret face au port

J’aurais voulu m’arrêter un peu. Je me suis assis quelques secondes sur un muret tout neuf, le temps pour toi d’ôter ton pull et de réajuster ton sac sur ton épaule. Nous étions face au port. La ville s’offrait à notre admiration. Comme si nous étions au théâtre. C’était d’ailleurs déjà arrivé par le passé : nous étions assis sur des bancs de fortune, ravis par les embrasements d’un « son et lumière ». La vélo-route n’existait pas, les murets tout neufs non plus. Peut-être la passerelle, et encore, je ne suis pas sûr. ... [Lire la suite]
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11 juin 2015

balbutiement

Quand j’étais jeune, avant de rencontrer Elle, je n’écoutais jamais de chansons françaises. Les seules exceptions étaient quelques titres de Brassens, que nous avions étudiés en cours de français, au lycée ; et deux ou trois rengaines de Joe Dassin, que je fredonnais parfois, depuis que nous l’avions vu en concert à Chamborigaud, en nous haussant par-dessus une haie alors que j’étais adolescent. Je ne pouvais donc pas deviner qu’un chanteur en particulier deviendrait un jour une sorte de pilier de mon refuge personnel. J’ai en... [Lire la suite]
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27 mai 2015

requiem pour les murs

Le train sort du tunnel. Les voies s’élargissent en écheveau. On entre dans la ville. Au ralenti. Il fait beau. Sur ma rétine se gravent des sensations de murs blancs, de toits de zinc, de saleté, bien sûr, liée à la couleur. Il semble qu’on ait refait les tags. Partout du linge qui sèche et des signatures peintes, obèses. Des lettres sans sens, sauf peut-être, j’espère, pour ceux qui les ont tracées. Sur un mur bordant la voie, je repère ce mot : Zarmo. Je ne me souviendrai que de celui-ci. Je lui attribue ma propre... [Lire la suite]
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18 mai 2015

jean

Il chassait le perdreau, le faisan et tout ce que les haies offraient en matière de petit gibier à plumes ou à poil. Parfois je l’accompagnais. Seul, rarement. Avec toi, souvent. Je portais la musette. Si l’occasion se présentait, je ramassais des champignons, ou je mordais dans des pommes à cidre toutes en fraîcheur à cause de la rosée. Il arrivait même que je cueille de ces grosses grappes de noah en passant dans la vigne à Joseph, dont les grains prenaient en bouche une consistance bizarre et dont le goût évoquait l’éther. Bref, la... [Lire la suite]
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11 mai 2015

la princesse du rail

J’ai vécu trois jours au pays de la princesse du rail. Chacun se souvient de la princesse du rail, n’est-ce pas ? J’avais une dizaine d’années. Nous n’avions pas la télé depuis longtemps. Chaque soir, je vivais un quart d’heure de passion en noir et blanc, au rythme haletant d’une locomotive à vapeur. J’adorais les trains, comme chacun sait. J’étais fana de la vapeur. Je viens d’apprendre que le scénario du feuilleton fut inspiré par un roman d’Henri Vincenot. De mon point de vue, ce ne pouvait être qu’une réussite. Plus tard... [Lire la suite]
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06 mai 2015

dune

Selon mon cher petit-fils, le comble du swag (ou souague ?), la semaine dernière, fut notre ascension de la dune du Pilat. Ne me demandez pas ce que signifie swag, je n’en sais rien, j’ai découvert le mot en même temps que la dune, à peu de choses près. Si j’ai bien observé son utilisation de cette expression, je traduis approximativement par « avoir du style » ou « avoir la classe ». Comment ? Tout le monde sait déjà ce que cela signifie ? Sauf moi ? Et bien moquez-vous. Bref. Pour en revenir à... [Lire la suite]
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04 mai 2015

landes

La première fois que j’ai séjourné dans les Landes, j’avais fêté mes quatorze ans la veille. Nous étions en juillet, je partais en colonie de vacances. Disons plutôt en camp d’adolescents, puisqu’à compter de cet âge, on changeait de statut. Il va sans dire que, compte tenu de ma date anniversaire, j’étais le plus jeune. Mes souvenirs de ces temps lointains sont extrêmement diffus. Je sais que nous occupions des locaux sans confort exagéré, ce dont à l’époque je me contrefichais, qui trônaient au milieu d’un airial, au fin fond de la... [Lire la suite]
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