J’ai remarqué qu’on avait parfois de drôles d’idées culinaires. À commencer par celle-ci : au marché, samedi matin, je repère à l’étal d’un producteur local de légumes (bio) des choux de Bruxelles. Sans réfléchir plus que nécessaire, je propose à Elle qu’on achète des choux de Bruxelles. C’est vrai que ces petites boules vertes ont l’air bien sympathique. Sauf que. De mémoire, je n’ai jamais aimé les choux de Bruxelles. Et me reviennent à l’esprit de mauvais souvenirs d’assiette, des repas de midi interminables, à la cantine ou ailleurs. Le bagne, quoi. Et me venait vraiment le sentiment d’avoir traîné un boulet.

Bref. On a acheté les choux de Bruxelles.

De retour à la maison, Elle s’est jetée sur le dernier Régal, dans lequel elle se souvenait avoir vu une recette associant ce légume avec du haddock. Bien. J’ai sorti le haddock du congélateur en me disant qu’on verrait bien ce soir. Enfin le lendemain soir. Bref, hier, quoi. Le moment venu, j’ai lu la recette, dans un premier temps confiant, puis de plus en plus incrédule. Je vais vous la faire un peu courte. D’ailleurs, si j’ai bien compris, nous n’avons pas suivi à la lettre l’enchaînement préconisé des opérations. Mais une recette est-elle censée être suivie à la lettre ? Nous avons donc préparé un litre (un demi-litre ? Je ne me souviens déjà plus), disons une certaine quantité de bouillon de volaille, dans lequel il convenait de faire cuire un mélange de céréales de notre choix. Comme il était déjà vingt heures, nous avons fait fi de l’orge perlé ou du blé en grains, et d’ailleurs de quelque mélange que ce soit, pour finalement opter pour du quinoa. Excellent choix, croyez moi. Parallèlement nous avons fait blanchir les choux de Bruxelles. Puis nous avons mélangé, légumes, quinoa, échalote hachée, graines de moutarde, morceaux de haddock, et…et… et ? Du lait de coco. J’avoue que je n’aurais jamais eu l’idée d’associer le lait de coco avec des choux de Bruxelles. Ni même avec du haddock. Mais c’était dans la recette, alors. Finalement, comme on le voit, les drôles d’idées culinaires ne sont pas toujours de notre fait. Nous sommes pourtant assez inventifs dans ce domaine. Mais en l’occurrence, en matière d’idée étrange, il nous revenait juste celle d’avoir choisi précisément cette recette. Et vous savez quoi ? C’était succulent, il n’en est pas resté une miette.