Il s’agit du début d’un film. Alignés sur deux rangées, des gens dansent sur une estrade, au son d’une musique bruyante, du genre de celles qui me font mal aux oreilles. Quelque chose m’intrigue, sans que j’y prête une attention démesurée. À la fin du film, deux heures plus tard, la même musique, un décor extérieur, par temps neigeux. Une femme danse, seule. La femme qui se trouvait au centre de l’écran au début du film, celle autour de qui toute l’histoire s’articule. Elle est censée avoir quarante ans de plus. Et il y a toujours un petit quelque chose qui titille délicieusement mes souvenirs. Le film est chinois. Je n’ai jamais mis les pieds en Chine. Il ne s’agit pas de ça. La musique. Voilà, c’est la musique. À tort ou à raison, la mélodie qui sert de base à ce morceau tapageur me rappelle curieusement l’hymne soviétique. Alors je me revois, planté devant la télé, me repaissant avec plaisir des jeux olympiques d’hiver, ou d’une quelconque autre manifestation sportive. Il est clair qu’à l’époque on entendait l’hymne soviétique plus souvent que la Marseillaise, lors des cérémonies de remise des médailles. Parenthèse amusante, une recherche dans Wikipédia m’apprend que le tout premier hymne, choisi par le gouvernement provisoire de 1917 était la Marseillaise. Quoi qu’il en soit, cette musique m’a fait rajeunir d’au moins trente ans. Comme quoi il y a des avantages à regarder le cinéma chinois.