Quelques jours avant la Toussaint, je me suis rendu chez le pépiniériste de mon village afin d’y acheter des compositions florales à déposer sur les tombes des miens au cimetière de Dole : une pour mon père et l’autre pour mes grands-parents. J’ai ainsi déniché deux jolis ensemble comportant des plantes a priori résistant aux gelées, et des pensées fleuries de joyeuses couleurs, jaune vif pour l’une et orangé pour l’autre.

Depuis cette date je me suis rendu au moins plusieurs fois à Dole (à environ 500 kilomètres de la maison). Pourtant, pour diverses raisons comme pas de place dans la voiture, les fleurs sont toujours chez moi, bien en vue devant la fenêtre du salon. Mon regard tombe dessus dès que je fais un pas dans la cour, par exemple en allant chercher le courrier ou en allant remplir les arrosoirs. Il a bien gelé quelques fois au début de l’hiver, et puis nous avons subi quelques queues de tempêtes qui auraient pu se révéler dévastatrices. Pour autant les pensées jaunes et orange ne se sont pas attristées. Elles me font de l’œil à chacun de mes passages, et à chaque fois je pense à eux, à mon père, à mes grands-parents, je crois que je pense même plus souvent à eux que si les fleurs étaient à leur place normale, sur les tombes. Je me demande si la prochaine fois que je retournerai « chez nous », comme je dis pour évoquer Dole, j’aurai encore envie d’y porter les fleurs, puisque là où elles se trouvent, dans la cour de ma maison, elles remplissent leur office merveilleusement.

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