Le train sort du tunnel. Les voies s’élargissent en écheveau. On entre dans la ville. Au ralenti. Il fait beau. Sur ma rétine se gravent des sensations de murs blancs, de toits de zinc, de saleté, bien sûr, liée à la couleur. Il semble qu’on ait refait les tags. Partout du linge qui sèche et des signatures peintes, obèses. Des lettres sans sens, sauf peut-être, j’espère, pour ceux qui les ont tracées. Sur un mur bordant la voie, je repère ce mot : Zarmo. Je ne me souviendrai que de celui-ci. Je lui attribue ma propre signification. Je ne pratique pas le verlan, mais je décide néanmoins que celui qui signe Zarmo se prend pour Mozart. Peut-être est-ce là la trace d’un musicien. Violoniste le jour. Tagueur la nuit. Je me perds en conjectures à propos des airs que pourrait jouer Zarmo. Un requiem pour les murs ? Une symphonie pour signes cabalistiques ? Une petite zikmu de tiun ?