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Je m’étonne moi-même : nous sommes le jour de la Saint-Valentin, et j’envoie à Elle un SMS on ne peut plus bref. Je t’aime. Bizou. Maintenant j’ai pris l’habitude d’écrire bizou avec un z. J’ai appris que le mot ainsi orthographié était valable au scrabble une des dernières fois que j’ai pratiqué ce sport cérébral, c'est-à-dire il n’y a pas très longtemps, mais quand même, et ça dépend du point de vue. Évidemment que je n’attends pas le 14 février pour lui dire ces 7 lettres magnifiques, avec leur apostrophe, ni même pour les écrire, y compris par SMS. Je le dis quand ça me chante et je l’écris de même. C'est-à-dire souvent. Sincèrement, la Saint-Valentin ne m’a jamais préoccupé, c’est une fête commerciale comme une autre, et je ne voue pas de culte particulier à la vente, je serais même plutôt agnostique dans ce domaine. J’espère qu’Elle partage mon sentiment à ce sujet, sinon j’aurai tout faux. Mais pour la peine, je ne publierai pas ce texte aujourd’hui, na.
Comme j’aime Elle, et que j’ai envie de fêter ça, après le yoga je mettrai une bouteille de clairette au frais, cela lui fera plaisir. Hier il aurait suffi de mettre la bouteille en attente sur le seuil, et hop, elle aurait frisé la congélation en rien de temps. Manque de chance le redoux est là et il me faudra composer avec. J’espère qu’un séjour au frigo pendant notre modeste repas sera suffisant. À moins qu’au congélateur ? Et si on se dégustait une tranche de foie gras, avec. Hein ? Et que personne ne vienne me raconter que la clairette, ça ne fait pas riche, que j’aurais pu penser à du champagne, etc. Non. Elle aime la clairette. Alors vos gouts, et même les miens en l’occurrence, je m’en fiche.
J’aime bien cette habitude que j’ai prise depuis quelques temps d’un SMS sur le coup de midi et demie. Quelques mots de rien. Je t’aime. J’ai acheté le pain. Ça caille. Ce genre de phrases d’une haute portée philosophique. C’est un lien entre nous. Une manière de dire : je suis là, loin de toi, et je pense à toi. Lui envoyer mon SMS quotidien est pour moi un geste apaisant. Je ne sais pas pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt. Bon, d’accord, il y a une période pas si lointaine où je ne savais tout bonnement pas passer les SMS. Mais maintenant qu’Elle m’a montré, bingo. Le meilleur moment de la journée, c’est quand j’entends le petit « ding ! » émis par mon téléphone portable, signe qu’elle vient de me répondre. Et voilà : ding. À l’instant même. N’est-ce pas une belle coïncidence ? « L mem ». Qu’elle dit !
14 février