en bordure du marais
Le marais nous accueillait, la mer pourrait bien attendre. Nous admirâmes ces édredons d’herbe rase à l’infini, d’un vert incertain ayant souffert, les acanthes du jardin ayant quant à elles épousé la terre gelée ; des bras d’eau à l’issue incertaine miroitaient, vaguement rectilignes, qu’on aurait eu envie de pousser du plat de la paume pour les faire tomber de l’autre côté, sur la route, oui, cela aurait arrêté le va et vient incessant des voitures ; cela évoquait en moi ce jeu de société appelé labyrinthe, où on doit chercher la grenouille ou le trésor sur un terrain mouvant. Un peu de glace frisait encore dans le fond d’un fossé, bien à l’abri dans l’ombre d’une haie d’épines. Des graminées élancées en jaillissaient, toujours mobiles dans le vent léger. Un tracteur haletait dans un champ proche. Une trouée dans la charmille nous permit d’entrevoir le labour. L’odeur musquée de la terre retournée monta jusqu’à nous, tandis qu’au loin, une bande d’oiseaux marins surveillait les travaux.