quenelles
Cette boutique, à chaque fois que nous passons devant, pas moyen d’éviter. Nous entrons.
Même si nous sommes venus exprès. Nous entrons.
Parce que les quenelles, tu vois.
Maintenant que nous avons un four, je me suis dit que nous pouvions faire des quenelles. Ne cherchons là aucune logique, c’est comme ça.
Donc nous sommes entrés.
Pour deux, quatre quenelles. C’est raisonnable. Ça paraît raisonnable. Au brochet.
J’achète également une boîte de sauce nantua, n’est-ce pas. Parce que je ne vais pas acheter du lait et du beurre et de la farine pour faire une vraie béchamel. De toute façon je sais déjà que je ne m’en servirai pas. De la sauce. Parce que j’ai une idée.
Alors en cuisine, quand j’ai une idée, bonne ou mauvaise, j’ai un peu de mal à m’en défaire.
J’ai dit à Elle, on fera une salade tiède. Tiens.
Elle m’a jeté un regard confiant. Et amoureux évidemment.
Bon.
Donc.
Pendant que je sirotais mon scotch tout en picorant négligemment quelques saucisses cocktail, les quenelles étaient entrain de pocher dans l’eau salée. Vingt minutes.
Au bout du temps requis, j’ai bien cru entendre la sonnerie de la table à induction, mais je ne peux décemment pas l’affirmer haut et fort, parce que d’habitude c’est le genre de truc que je n’entends pas. Bref. J’avais raison, en plus. J’ai donc extirpé les quenelles délicatement de l’eau brulante. Je les ai posées sur un plat afin de les découper en rondelles.
Sur chaque assiette j’ai déposé quelques feuilles de salade (de la feuille de chêne, mais n’importe quelle laitue pourrait faire l’affaire). J’ai ajouté deux quenelles coupées en rondelles. Puis une poignée de coques que j’avais mises à ouvrir juste après avoir égoutté les quenelles. Dans la même casserole tant qu’à faire. J’ai encore ajouté quelques copeaux de parmesan (pas assez d’après Elle). J’ai saupoudré de fleur de sel et de poivre de Sélim. Un filet d’huile d’argan sur la salade et les quenelles. Un peu de vinaigre balsamique sur la salade. Et voilà…
Avec un côte-du-rhône blanc dans les verres, ça allait le faire, je le sentais.
Nous avons goûté.
Nous n’avons rien laissé.
C’était bon.
Néanmoins d’un commun accord nous avons conclu que ça méritait d’être travaillé encore. Mais c’était bon.
Et tu sais quoi ? Tellement absorbé par ma tambouille, j’avais oublié de boire mon pure malt, je me suis aperçu.