generique
Quelques mots. Quelques lignes tracées là. Comme pour donner l’idée de la douceur d’une soirée ordinaire au foyer.
Sans doute ai-je en tête les mots que j’ai lus hier. De façon imprécise, bien entendu. La phrase d’un peintre qui souhaitait éliminer les détails pour ne garder que le trait.
Je me souviens d’un dessin. En trois traits d’une grâce infinie, figurer le profil d’une violoniste.
De ta fine écriture serrée tu noircis les pages de ton cahier immaculé. Noircir ? Non tu écris en vert. Comme moi dans ce carnet.
La pièce tangue dans les volutes chaleureuses de Miles. Tanguer ? Non c’est moi qui tangue. Le jazz fait danser mes doigts. Le jazz me fait osciller sur ma chaise. La musique m’a envahi.
Mes doigts dansants sentent encore le fenouil que je viens d’émincer. Un festin en perspective. D’une grande simplicité. Un festin, un repas ordinaire. Parce qu’avec amour.
Quelques mots posés là. Et tandis que retentit « Generique » le risotto s’invente. Quelques mots. Quelques traits. Quelques notes. Quelques épices. Une soirée ordinaire.