parenthèse
Le temps de rien, l’espace d’une parenthèse…
Nous irions vivre notre harmonie en Normandie.
Sous le ciel qui pleure parfois, mais le vert des prairies.
Après la sieste nous nous enfoncerions dans les chemins creux, entre les haies d’aubépine.
Par moments tu me donnerais la main, tandis que les pommiers en fleurs égaieraient un paysage devenu sans mystère.
Sans mystère, parce que l’heure. Mais au crépuscule tout est différent. Comme le silence des fermes cauchoises dissimulées dans leur enclos de hêtres. Comme les silhouettes fantomatiques des arbres émergeant de la brume au matin.
Puis il pleuvrait encore. Un peu. Mais on dirait toujours que ça ne va jamais finir. Je ne sais pas si nous ririons de ça. Pourtant je nous imagine nous précipiter à l’abri de la voiture, les joues rouges, et dégoulinants, réjouis. Et ce serait le moment d’aller boire un chocolat chaud au creux des falaises, là où la mer gronde ses milliards de galets.