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le carnet vert
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21 mars 2008

vues d'une ville

J’ai envie de faire une pause. C’est normal je suis presque à la moitié du trajet. Je connais un coin à pique-niques sur la route qui s’élève en lacets au dessus de la ville. Nous y avions mangé des casse-croûte, Elle et moi, un soir de départ. C’était un soir d’automne. Je me souviens qu’il faisait déjà nuit. En contrebas la ville scintillait. Il faisait étrangement doux pour la saison. Au pied des tables en ciment, dans l’herbe humide, s’épanouissait une profusion de rosés. Nous avions été tentés, mais la raison avait parlé : au bord de la route, comme ça, ils ne pouvaient être que pollués. Les champignons sont très sensibles aux produits toxiques, chacun sait cela.

En même temps que le moteur, la radio se tait aussi. Un silence soulageant s’installe. Je m’étire, je suis bien aise. Je compose un numéro sur le clavier de mon téléphone portable pour réserver une chambre d’hôtel. Puis je bois une grande gorgée d’eau de Volvic. Enfin je sors me dégourdir les jambes. Je fais quelques pas dans l’herbe, il n’y a pas de champignons. Pourtant là encore l’air est bien doux pour la saison. Je m’approche du parapet. Consterné, je constate que les buissons en contrebas de l’aire servent de dépotoir depuis des temps immémoriaux. Dommage. Je m’éloigne du bord. Je m’assois sur un banc de ciment accolé à une table du même métal. Je contemple la ville, qui bruit en bas, à la fois lointaine et proche. La ville ne scintille pas puisqu’il fait jour. J’entends un brouhaha de flux et de reflux, sans doute rythmé par les conséquences d’un signal tricolore disposé sur un quelconque boulevard. J’entends aussi parfois d’étranges détonations, comme s’il y avait quelque part un feu d’artifice. Mais nous sommes en plein jour. Je n’éluciderai pas ce mystère.

C’est amusant, je distingue bien l’endroit où se situe le centre ancien de la cité. Nous nous sommes promenés il n’y a pas si longtemps dans de vieilles rues désertes : la pierre blonde des bâtisses tranchait gaiement sur le ciel plombé. Par chance il n’avait pas plu. Je me souviens bien que ces rues rayonnaient en descendant d’un tertre au sommet duquel s’élève un vieux château. Ce qui est amusant, disais-je, c’est que du point de vue dominant où je me trouve, on ne se rend absolument pas compte que la ville est pentue. Au contraire, on croirait qu’elle s’alanguit à l’horizontale. Au loin, sur la droite, je distingue les vagues silhouettes des usines. Je me demande si de nos jours on y fabrique encore des pneus. Certainement : le pneu est un symbole figurant en bonne place sur les pictogrammes invitant à découvrir la ville. Mon regard revient un peu plus sur la gauche, à l’ouest, là où la route par où je suis arrivé plonge sur la cité, puis se fixe sur le vaste quadrilatère formé par les bâtiments de l’école de gendarmerie.

Aujourd’hui encore, le ciel est plombé. Mais, non, il ne pleuvra pas, je le veux. Je préfère rouler au sec. Allons : il est temps de repartir.

A propos, devinette : puisqu'il y a quelques indices, peut-être savez-vous de quelle ville il s'agit ?

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Commentaires
C
Un blog que je découvre avec plaisir !<br /> Merci pour le petit mot sur un de mes blogs !<br /> Bonne soirée,<br /> Christian
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P
TJ, bien vu. Je passe en effet à Montluçon lorsque je vais rendre visite à mes parents.
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A
je pensais aussi à Clermont
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T
Je pensais à Montluçon.<br /> Mais je ne me fais pas d'illusion!<br /> J'ai lu avec plaisir tes lignes!
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P
Pralinette y a de l'idée, mais non.<br /> :-)
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