la paix
Quelques écharpes de brume trainaient encore sur les prés humides, éclairant le lointain de tons pastel. Dans le chemin, les noix avaient été glanées. On avait mis de côté les branches abattues par la dernière tempête. Les feuilles desséchées s’agitaient mollement. Un tracteur avait creusé sa trace. À présent les ornières s’emplissaient encore d’une eau sale, tandis que la rosée vous trempait les pieds. Le regard escamotait les haies d’églantiers, cherchant au loin le passage de quelque chevreuil furtif, là où les sillons convergeaient. Mais la campagne était déserte. Seul son propre souffle semblait parvenir aux oreilles du coureur. C’était du moins son impression. Il se prit à sourire : il aimait se recueillir ainsi dans ce silence relatif. Il se détendait. Il sentait de la souplesse arrondir chaque parcelle de son être et à chaque pas un sentiment de paix s’emparait de lui un peu plus.