21 mars 2012
base aérienne
La fenêtre bée sur la chaleur du jardin. La chaleur irradie des persiennes closes, je me hasarderai pas à toucher le métal brûlant, il m’en cuirait. J’observe la poussière danser dans les rais diffusés par les fentes. Il est treize ou quatorze heures, une de ces heures torrides de début d’après-midi. Je n’ai pas envie de dormir. Je pourrais crier que j’ai passé l’âge, ce qui serait faut, mais je m’abstiens. Je préfère m’abandonner au silence engluant la ville. J’aime cette solitude tranquille. Si seulement elle n’était pas troublée par le rugissement des avions de chasse s’élançant de la base voisine. Je sursaute et je tremble. J’ai cinq ans et j’ignore encore que, cinquante ans plus tard, je penserai avec tendresse à ce vacarme enfoui.
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