déjeuner à la campagne
À Agios Georgios, nous avons désespérément cherché quelque chose qui ressemble à un parking. Rien dans une direction. Demi-tour. Rien dans l’autre. Nous stationnons donc le long du trottoir. La partie droite de la voiture est à l’ombre. C’est mieux que rien. Ça tombe bien, même, les bouteilles d’eau sont sous le siège de droite.
Chaque matin avant de partir, nous achetons une bouteille d’eau plate et une bouteille d’eau gazeuse dans la même boutique. Et aussi des timbres. Et des biscuits apéritifs. À la fin de la semaine, la vendeuse saura bien qu’Elle ne veut pas de sacs en plastique. D’ailleurs à chaque fois ça la fait sourire.
L’eau est crétoise. Même la gazeuse.
Nous claquons les portières. Il est plus de quatorze heures. Largement temps de déjeuner. Nous optons pour la taverne la plus proche.
Si nous devions n’évoquer qu’une taverne, ce serait celle-ci. L’archétype de la taverne crétoise. La dame ne parle évidemment pas français. À peine l’anglais. Ce qui ne l’empêche pas de poser les mains maternellement sur nos épaules. Nous choisissons de manger du pastitsio. Un gratin de macaronis locaux. C’est le menu du jour. Typique. Et puis dans la carafe, le vin est orangé. C’est sans doute du blanc, avec un gout de vermout prononcé. Le goulot entouré d’un alu. Sans doute pour que les guêpes ne soient pas tentées de venir se souler la goule.
Ainsi installés en terrasse, notre poste d’observation se révèle excellent. Nous voyons la vie. Dans un bourg campagnard du Lassithi.
Les papis du coin s’installent à la terrasse voisine. Sirotent je ne sais quoi. De l’ouzo, peut-être. Font comme si nous n’étions pas là. Comme si nous faisions partie du décor.
Des gens passent dans la rue, certains manifestement mus par des besognes agricoles en devenir.
Un papi. Juché sur un motoculteur antédiluvien. Passe fièrement devant nous, et devant ses congénères assis en terrasse. À la manière dont il les snobe, il est évident que ce ne sont pas ses copains.
Le café grec (hellenico) s’épaissit au fond de ma tasse.
Le temps semble s’être arrêté. Nous pourrions rester assis là encore longtemps. Observer la vie qui passe.
Nous avons mangé copieusement. Il est temps de se dégourdir un peu. Je paie. 9 euros chacun pour un excellent repas, tout en simplicité. Que du bonheur.
