sur la plage
Marcher lentement sur l’estran.
Cheveux au vent. Mains dans les poches. Blouson fermé. C’est l’hiver.
Parfois s’emparer de l’appareil photo.
Cadrer l’horizon. Ou bien l’immédiat.
Valse entre l’immense et le minuscule.
Enfoncer un peu. Se retourner. Regarder sa trace, fugitivement.
Sortir les mains des poches, forcément. Pour les photos. Alors le froid. Le rouge des doigts et la morsure.
Mettre les gants. Les beaux. Paume en peau. Dessus en laine. Dedans en soie. Le confort. Retrouver la tiédeur. Mais pour les photos ? Un peu de maladresse.
Marcher encore. Regarder au loin. Un pont. LE pont. Les courbes. Jouer avec. Les courbes du pont et celles de la plage. Les marier. Faire des essais. Encore et encore. Avec maladresse. Parce que les gants.
Marcher encore. Regarder au près. Un galet, une algue. Leurs courbes. Jouer avec. Et les couleurs. Les stries rougeâtres du caillou et le vert cru de l’algue. Les marier. Faire des essais. Montrer le grain du sable.
Continuer plus loin. Faire s’enfuir les gravelots. Ne rien tenter question photo. Ce serait idiot. Les oiseaux courent trop vite. Si vite qu’on ne voit plus leurs pattes. Et la maladresse. Les gants. Mais sourire quand même. Parce qu’on est bien, tout simplement.
