mouches
Je vis à la campagne. Cela implique des avantages, mais aussi des inconvénients.
Ma maison est une ancienne ferme. Elle a été réhabilitée voila deux bonnes décennies, et ses dépendances ont été en partie rendues habitables. Il n’empêche qu’elles ont gardé le souvenir des animaux qui y vivaient. Et puis, même si les environs proches ne sont pas à proprement parler dédiés à l’élevage, on voit encore ça et là un peu de bétail. Le village est doté d’un élevage de porcs et d’un autre de chèvres. Plus loin, charolaises et limousines paissent benoîtement sans se douter que l’abattoir les attend. Parfois on entend bêler des ouailles. Quant au bourricot du voisin, il nous sert de réveil matin.
Conclusion de tout ça : il y a des mouches.
Chacun sait que c’est agaçant, les mouches. Surtout que ça vient se poser sur tes chevilles sans chaussettes, ce genre de chose. On ne s’étonnera donc pas que nous les décimions par dizaines. Une certaine variété de moyens est mise en œuvre, qui va du piège extérieur aux rubans de papier attrape mouches pendouillant élégamment au plafond de la cuisine, sans oublier la bonne vieille tapette.
Parfois, tout en chassant d’un geste impatient une bestiole qui vrombit un peu près de moi, je repense à un livre que j’ai lu dans ma jeunesse, « j’ai peur des mouches », dans lequel le héros devait absolument éviter le contact avec ces insectes sous peine de mort, les dits insectes étant porteurs d’un virus foudroyant. Je me dis souvent que l’histoire ne se passait pas dans une campagne comme la notre, sinon cela aurait été mission impossible.
A propos, devinette, savez-vous qui est l’auteur de l’ouvrage en question ?
Evidemment vous avez envie de jouer le jeu et vous vous abstiendrez donc d’aller chercher la réponse dans gougueule ; un indice : il s’agit d’un auteur français très connu, de sexe masculin, décédé il y a quelques années. Il a sa place non loin de Jussieu.