mise au vert
Nous n’avons pas eu de chance : la semaine était pluvieuse.
Allez, comme toujours j’exagère, le premier jour il faisait beau. Ce dimanche matin, à l’heure du petit déjeuner, le soleil matinal me chauffait le dos, m’obligeant ainsi à changer de place. Mais c’était le premier jour. Par la suite, j’aurais bien voulu encore avoir à changer de place au petit déjeuner. A cause du soleil. Mais nous regardions atterrés les nuages s’effilocher sur les mamelons verts de la montagne, et la pluie ruisseler inlassablement sur le zinc luisant des toits voisins.
Donc il pleuvait. Ce n’est pas un hasard si le pays est vert.
La nuit le fracas de l’averse martelant les velux nous maintenait à mi-chemin du sommeil. Le jour le fracas dominait encore, en fond sonore rythmant les rires d’enfants. Et parfois, le ravissement me saisissait néanmoins, quand au-delà du vacarme des intempéries me parvenait le tintement paisible des clarines révélant le lent mouvement des troupeaux en marche.
