20 septembre 2009

le goéland

On ne s’est pas rendu compte tout de suite que le disque était rayé. C’est parce qu’on était occupé à tirer sur le joint et à faire mine de planer. Et puis aussi, c’est parce que Jeanjean écrivait et que moi j’étais occupé à lire les élucubrations incompréhensibles de William Burroughs. Cette littérature-ci était à la mode, mais ça ne me plaisait pas trop. Je préférais m’en tenir à Kerouac. Ça me plaisait bien d’être sur la route, je m’y sentais bien. Pour en revenir à la galette de vinyle rayée, c’était un disque de Ravi Shankar,... [Lire la suite]
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19 septembre 2009

répétition

Je me suis remis à triturer des encornets. On va finir par croire que chez moi c’est compulsif. Nous en avons acheté un kilo au marché de la Tremblade, dimanche dernier. Des petits, pas plus longs que la main, tous tentacules déployés. Nous avons longuement regardé l’étiquette, parce que nous n’en croyions pas nos yeux, à ce prix-là, 5 euros et quelques, c’était du jamais vu et c’eût été dommage de nous en priver. En prime le gars nous a gratifiés d’une poche de glace, car en effet nous avions de la route à faire, sans parler d’un... [Lire la suite]
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18 septembre 2009

krokus

La ville s’étendait dans des directions où nous allions peu. Ainsi avais-je des amis qui habitaient un pavillon assez éloigné, dans une rue parallèle à la voie ferrée, et pour moi qui connaissais mal ce quartier il était aisé de se tromper de rue puisqu’il existait plusieurs rues parallèles à la voie ferrée. Plus de trente ans ont passé, et je ne sais pas si je saurais retrouver la bonne rue, puis le pavillon en question. Derrière s’étendait un vaste jardin qui s’élevait en pente douce. Je le revois vaste : sans doute paraissait-il... [Lire la suite]
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16 septembre 2009

crocus

C’était après avoir traversé ce bois. Souviens-toi : les vaches brunes dévoraient la prairie, nous marchions en file indienne sur un agréable sentier, pas trop pentu, c’était l’idéal pour notre première promenade sur ces hauteurs. Nous nous arrêtions très souvent, car l’un de nous, à tour de rôle découvrait à chaque pas une nouvelle perspective sur les crêtes, et souhaitait l’immortaliser. Nous avions remarqué que la neige tombée encore récemment marbrait les murailles cristallines qui nous dominaient de part et d’autre. La météo... [Lire la suite]
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15 septembre 2009

petite tranche de vie insignifiante

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14 septembre 2009

coucher de soleil sur la bourgogne

Ouvrirai-je le tiroir aux diapos ? Je sais qu’elles y sont, celles-ci. Celles de quand nous sommes dissimulés dans les hautes herbes craquantes, au sommet de la colline. Il me semble que nous avions choisi de nous taire. Il me semble. Je ne suis plus sûr de rien. C’est si loin. Parfois l’un tendait à l’autre le flacon de saké. Le feu descendait en nous. Comme il descendait sur l’horizon. La plaine de Bourgogne. Comme un tableau. Une peinture aux larges traits jetés au couteau. La couleur comme une matière. ... [Lire la suite]
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11 septembre 2009

cayenne

Il n’y aurait que le souffle du vent. Le bruit du grand vent que rien n’arrête. Qu’aucun arbre n’arrête, puisqu’il n’y a pas d’arbre. Juste du plat à perte de vue. Au-dessus de quoi se repère de partout le clocher du bourg. Le soleil nous brûlerait les yeux. Impitoyable. Je m’obstinerais à fixer les embarcations sur le chenal. En contre-jour. Au final on croirait qu’on était là de nuit. Le vent agiterait les bassins de courtes vaguelettes. Il y aurait comme des morsures. De sable ou de sel. ... [Lire la suite]
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09 septembre 2009

gothique

Il se disait que ce n’avait vraiment pas été une bonne idée de monter là-haut. Finalement. Depuis le temps qu’il en avait envie, ils avaient fini par monter. Il avait regardé le guide. Trois-cent sept marches ! S’était-il exclamé. Tu imagines ? Elle avait imaginé. Elle s’était dit que cela allait être comme à la montagne, qu’elle allait peiner et ne plus sentir ses jambes et cracher ses poumons. Remarque, c’est de ma faute, avait-elle pensé, j’avais qu’à pas me remettre à la clope. C’est la plus grande... [Lire la suite]
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08 septembre 2009

sieste

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07 septembre 2009

confiture

Il y a de la sensualité dans l’acte de trancher ces fruits : …prendre un couteau effilé dans le tiroir approprié de la cuisine, avoir de la chance, le couteau qu’on préfère est bien là et non en attente de lavage dans la machine à vaisselle, d’ailleurs en principe on les lave à la main, les couteaux… …prendre le fruit au creux de la main gauche, parce que, oui on est droitier, cela arrive parfois, le fruit se love parfaitement dans le creux de la main, quand je vous dis que c’est sensuel, on s’attend presque à la... [Lire la suite]
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