20 mars 2015

soleil levant

Sur le flanc nord de « l’open-space », là où j’apprécie d’œuvrer quand la canicule se joue des stores, c’est-à-dire pas en ce moment, sont accrochées des reproductions de tableaux. Sur le flanc sud aussi, mais je n’y transpire pas. Il n’y a pas de logique particulière à cet accrochage, je crois. Chaque personne a dû un jour choisir son tableau préféré dans un catalogue, et son tableau a été fixé le plus près possible de son bureau. Sauf que les gens changent de place, partent en retraite, s’évaporent. Les tableaux restent.... [Lire la suite]
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16 mars 2015

sur la côte sauvage

Des oiseaux invisibles donnent de la voix, des trilles légers qui dansent dans le vent comme autant de ballons lâchés. Mon réflexe est d’ouvrir les yeux et de sonder le ciel. C’est facile, je suis allongé sur du sable sec, parmi les oyats. On pourrait se croire en juillet, au milieu d’un champ de blé. On s’efforcerait en vain à débusquer les alouettes. Or le grondement lointain et continu nous rappelle la présence de l’océan, là, au bout de la plage, si près et si loin de nous. Je me suis assoupi, je crois. Je ne sais pas quels sont... [Lire la suite]
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08 mars 2015

de passage dans la dombes

Pour une pause, nous quittons la route, la nationale qui ne l’est plus, le long de laquelle personne n’a pensé à installer une aire de repos digne de ce nom. Dans ce domaine, les départements ne sont pas plus malins que l’État, bien au contraire. Un peu plus tard, nous voici assis sur une pierre, face à un étang, et par chance notre siège improvisé est sec, bien qu’il ait plu abondamment la veille, comme en témoignent les nombreuses flaques scintillant dans le bas-côté. Je ne sais pas si c’est dû à la bise, ou aux séquelles d’un état... [Lire la suite]
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03 mars 2015

lons

Le souffle s’était éteint, le ciel brillait, la terre exhalait des lambeaux de brume. Il n’en fallait pas plus pour se faire plaisir. Il faisait beau, nous nous sommes fait plaisir, comme je l’affirmerais ensuite, après avoir avalé un casse-croûte en grelottant, assis sur la bonde d’un étang. Coup de zoom sur la ville de nos débuts, où nous aurions pu faire halte, et là encore nous aurions grelotté, je suis sûr, à cause de cet hiver qui n’en finit pas de s’effilocher. Mais nous avons choisi de ne pas quitter la tiédeur de notre cocon... [Lire la suite]
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18 février 2015

fougère 2

Pour Chantal : Sur le chêne qui n'est plus.
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16 février 2015

fougère

Il faisait beau. Nous avions décidé d’une promenade purificatrice post-agapes. Les enfants couraient devant, revenaient, repartaient. Pas très loin du dolmen, nous avons découvert notre petit-fils juché sur la haute fourche d’un chêne vigoureux qui s’élançait en bordure du chemin. Le gamin jouait les vigies au-dessus d’un océan de ronciers et de prunelliers enchevêtrés. J’ai immortalisé l’instant en photographiant le marin imaginaire perché sur sa branche. J’ai tenu également à cadrer les fougères alertes qui poussaient à même... [Lire la suite]
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13 février 2015

rougail (3)

Suite et fin de l'histoire à l'usage des amateurs de lettres et d'outremer. Il faut couper les saucisses en rondelles, comme j’ai dit. Peler et épépiner les tomates. Beaucoup de tomates. Émincer les oignons. Beaucoup d’oignons. Le rougail est un plat qui ne se satisfait pas du peu. Alors beaucoup de tout. Et beaucoup d’amour, comme disait Amélie. Il faut faire revenir les oignons dans de l’huile d’olive. Laisser blondir à feu doux, prendre son temps, ne rien brusquer. Qu’ils soient biens fondants. Ensuite, rajouter les rondelles de... [Lire la suite]
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12 février 2015

rougail (2)

suite de l'histoire pour les amateurs de lettres et d'outremer ...Je humais le parfum des saucisses plongées dans l’eau frémissante, qui s’évadait par la fenêtre ouverte. Ça me faisait chavirer. Je posais mon livre ouvert sur le banc, et je me ruais dans la cuisine. Amélie se tenait assise au bout de la table, ceinte dans un tablier aux couleurs indéfinissables tant il avait été porté. Lorsque j’entrais, son visage sombre s’éclairait, et ça faisait comme le soleil qui filtre à travers les feuilles du filao. Le garouil paierait... [Lire la suite]
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11 février 2015

rougail

Une histoire pour les amateurs de lettres et d'outremer.   Rougail est un joli mot. Il sent bon l’air marin et le curcuma. Il sent là-bas, cette île où je suis née. Cette île que j’ai aimée. Pour moi, rougail est le bon mot. Tellement bon qu’on en mangerait. D’ailleurs c’est bientôt midi. Ce mot-là me donne faim. Je n’ai rien trouvé d’autre. Je n’en peux plus du gris. Ici il manque la couleur. Tout est blanc ou noir ou gris. Murs blancs et ardoises noires. Rues grises. Ciel gris le plus souvent. Les gens sont gris, je crois.... [Lire la suite]
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05 février 2015

l-isla

Parce que je préfère la douceur de cette lumière estivale à la rigueur des frimas actuels.  
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