18 octobre 2010

l'avant-veille

La pluie battante se fracassait sur la structure de verre qui quelque part habillait la modernité architecturale du musée. Nous entendions ça. La pluie qui s’abattait. Nous rêvions. Nous revenions sur les volutes gravées que nous venions d’admirer. Nous cherchions un oiseleur. Nous avons gravi une volée de marches. Pour nous rapprocher de la pluie fracassante ? Nous avions vu l’arbre. Alors. Celui de Paul Rebeyrolle. Nous avions commencé par là. C’était sans doute la dernière salle à visiter. Nous... [Lire la suite]
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14 octobre 2010

le jour (mardi)

J’ai pris mon après-midi, mais ce n’était pas utile. Ce n’était plus utile. On nous a dit : pas avant 17h00. Remarque, ça n’aurait pas été utile non plus que je m’attarde au bureau. Je n’aurais pas été un modèle d’efficacité. Un peu avant 14h00, j’ai garé la voiture sur le parking du Leclerc. J’ai fait un tour dans la galerie marchande, puis je me suis dirigé vers le centre commercial voisin, où avait lieu le départ de la manifestation. Le carnet vert n’est pas un espace dévolu à la politique. Mais. Disons que j’ai fait une... [Lire la suite]
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12 octobre 2010

la veille

Je vais lentement. Mes gestes au ralenti. Comme si je voulais arrêter le temps. Devant les ascenseurs. Ils sont quatre, les ascenseurs. Des engins générateurs de vertige, tels des téléphériques. J’appuie sur le bouton descente. Ding. L’un deux est à quai, déjà. Je regarde vers toi. Tu marches avec lenteur dans le couloir qui mène à ta chambre. Tu sembles porter le poids du monde. Tu ne te retournes pas. Lenteur et détermination. Pourtant à coup sûr je sais que tu pleures. Nous nous sommes quittés à la frontière... [Lire la suite]
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06 octobre 2010

le crabe

Lorsque les portes coulissantes de l’entreprise se sont écartées devant moi, dérisoire manifestation de la modernité implanté dans un bâtiment de l’ère classique, j’ai réalisé que depuis ma sortie du train je serrais mon galet de toutes mes forces, au fond de ma poche droite. Les représentations habituelles : les phalanges blanches à force de. Je n’ai pas vérifié. Je nous revoyais marchant sur la plage du Bois. Dans le vent. Je scrutais les lointains. Quelque chose de... [Lire la suite]
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27 septembre 2010

le galet

Je n’oublierai pas ce jour. Il faisait froid. Frais pour la saison, disons. Froid mais beau. Alors nous avons marché sur la plage. Nous n’avons pas compté nos pas. Je t’ai dit que j’aimais marcher sur la plage. Je t’ai dit que j’aimais le bruit des vagues. Tu as souri, sans doute, indulgente. Tu savais. Et tu aimais aussi. Nous marchions sur l’estran. Le bruit nous envahissait. J’avais l’impression de faire partie intégrante du paysage, quelque chose comme ça. La mer remontait. ... [Lire la suite]
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21 septembre 2010

l'île

C’est possible que nous ayons été les derniers à quitter le bateau. Nous n’étions pas pressés. Nous avions le temps. Il nous reprendrait six heures plus tard. Largement le temps de faire le tour de l’île. Une île. Tu prends un bateau, un matin. Et tu te rends sur une île. Tu n’as pas choisi le trajet le plus court. Tu n’as rien choisi du tout, en fait. C’est moi qui ai choisi. J’ai choisi l’île et le bateau. Nous voguons dans l’embouchure du fleuve. ... [Lire la suite]
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14 septembre 2010

la péniche

Accoudé au parapet, il regarde pensivement la péniche amarrée en contrebas. Ou bien est-ce que son regard se perd dans les reflets bleu et or ? On a l’habitude de dire que ce fleuve est sale. Peut-être. N’empêche qu’on y rencontre des pêcheurs. De plus en plus. Et n’empêche qu’il y a des reflets bleu et or. Parce qu’il fait beau. Un bref éclair blanc dans le champ visuel. Une mouette fuse au ras de l’eau. Accoudé au parapet, il semble contempler la péniche. La péniche le fait rêver. C’est un de ces... [Lire la suite]
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10 septembre 2010

le granit

Sais-tu pourquoi ce lieu s’appelle ainsi ? Ai-je demandé à Elle. Bon. La réponse était évidente, alors elle n’a pas eu à se forcer beaucoup. Le granit. Le hameau se nomme ainsi parce qu’il y a du granit. C’est fort, hein ? N’empêche, tu peux passer mille fois là sans te poser de question. Il ne te vient pas à l’idée que la région est le royaume du calcaire sur des dizaines de kilomètres carrés. Il faut avoir passé la Vienne, bien à l’est, à quarante kilomètres, pour tomber sur un sol granitique. Et encore, tu ne t’en rends... [Lire la suite]
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02 septembre 2010

sous les platanes

Nous avons traversé tout le département. Il y avait une bonne heure de route. Nous avions ouvert le toit de la voiture. Peut-être même avais-je baissé la vitre de mon côté, je ne sais plus. J’oublie souvent les détails. Je me souviens de la blondeur des champs moissonnés. Tu vois. Nous avions le soleil derrière nous. La lumière était particulièrement pure, sans une once de brume. J’avais déjà remarqué ça en attendant mon TER en retard. Le paysage a changé. C’est comme ça. C’est qu’à un moment on traverse une rivière nommée... [Lire la suite]
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30 août 2010

que serais-je sans toi ?

Les mariés sont sur la piste de danse. Seuls. Ils viennent de présenter leur gâteau. Les serveuses sont parties le découper. Je ne sais pas ce qui lui prend, à ce DJ. Soudain je me sens, comment dire, assailli. Quelque chose comme ça. Le passé qui jaillit sans crier gare. Avec son chargement d’émotion. Les mariés s’enlacent et dansent. Ils sont seuls sur la piste. Que serais-je sans toi. Nous pourrions les rejoindre. Je te cherche des yeux. Je suis seul. J’ai un moment d’absence. Je ne sais que faire. Tu n’es... [Lire la suite]
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