10 novembre 2010

les amants

Et de la pierre surgissait la vie. C’était incroyable, non ? Ce blanc. Étincelant parfois. Dans la lumière vespérale. La pierre rugueuse. Et les corps amoureux. Les amants de pierre. Tellement vivants. Pas comme les gisants de Teruel. Je calculais des angles. Parfois tu me donnais la main. Nos doigts noués. Comme ceux des amants de marbre. Je les ai prises à l’horizontale. Pas de haut, comme. Les mains des amants. Scintillant de blanc. Tandis que dehors l’automne s’enflammait. ... [Lire la suite]
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28 octobre 2010

les chaises

Je me souviens d’une chanson de Jacques Higelin où il était question d’une chaise en lanières de plastique. Une belle. Bien kitsch. Enfin. Quand je dis que je me souviens. C’est pour illustrer. Parce que la chanson. Je suis bien incapable de me rappeler des paroles de quoi que ce soit. Même si touche à tout sauf à la moustiquaire. Tu vois. Moi je me souviens que cette chanson me rappelait les chaises de Ganges. Voilà. Rien de plus. Et je me souviens de ça avec une joie délectable. Parce que Ganges et parce que les garrigues.... [Lire la suite]
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24 octobre 2010

j'ai fait un rêve

J’ai fait un rêve. Mais était-ce bien un rêve ? Il pleuvait sur la rue Mouffetard. Je n’avais ni parapluie ni imperméable. Il pleuvait et je m’en fichais. Je marchais sur le pavé luisant. Les gens s’abritaient sous les porches. J’étais trempé, sans doute. Mais je voulais atteindre cet endroit couvert où les grapheurs. Le cri dessiné au pochoir. Il pleuvait sur la rue Mouffetard. Je ne hâtais pas le pas. Je laissais aller, en descendant. La rue Mouffetard se descend,... [Lire la suite]
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21 octobre 2010

le geai

C’était un moment de soleil. Un de ces instants si forts qu’on les croit magiques. Quand l’émotion rencontre la beauté des lieux. Du soleil donc. Je conduisais dans le soleil. Nous venions de nous arrêter pour photographier des champignons. D’énormes amanites. Immangeables, mais tellement belles. Le soleil faisait que j’avais envie de te serrer dans mes bras. Il fallait être patient. Un lit nous attendait. Encore quelques dizaines de kilomètres. Tu t’es écriée, oh... [Lire la suite]
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18 octobre 2010

l'avant-veille

La pluie battante se fracassait sur la structure de verre qui quelque part habillait la modernité architecturale du musée. Nous entendions ça. La pluie qui s’abattait. Nous rêvions. Nous revenions sur les volutes gravées que nous venions d’admirer. Nous cherchions un oiseleur. Nous avons gravi une volée de marches. Pour nous rapprocher de la pluie fracassante ? Nous avions vu l’arbre. Alors. Celui de Paul Rebeyrolle. Nous avions commencé par là. C’était sans doute la dernière salle à visiter. Nous... [Lire la suite]
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14 octobre 2010

le jour (mardi)

J’ai pris mon après-midi, mais ce n’était pas utile. Ce n’était plus utile. On nous a dit : pas avant 17h00. Remarque, ça n’aurait pas été utile non plus que je m’attarde au bureau. Je n’aurais pas été un modèle d’efficacité. Un peu avant 14h00, j’ai garé la voiture sur le parking du Leclerc. J’ai fait un tour dans la galerie marchande, puis je me suis dirigé vers le centre commercial voisin, où avait lieu le départ de la manifestation. Le carnet vert n’est pas un espace dévolu à la politique. Mais. Disons que j’ai fait une... [Lire la suite]
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12 octobre 2010

la veille

Je vais lentement. Mes gestes au ralenti. Comme si je voulais arrêter le temps. Devant les ascenseurs. Ils sont quatre, les ascenseurs. Des engins générateurs de vertige, tels des téléphériques. J’appuie sur le bouton descente. Ding. L’un deux est à quai, déjà. Je regarde vers toi. Tu marches avec lenteur dans le couloir qui mène à ta chambre. Tu sembles porter le poids du monde. Tu ne te retournes pas. Lenteur et détermination. Pourtant à coup sûr je sais que tu pleures. Nous nous sommes quittés à la frontière... [Lire la suite]
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06 octobre 2010

le crabe

Lorsque les portes coulissantes de l’entreprise se sont écartées devant moi, dérisoire manifestation de la modernité implanté dans un bâtiment de l’ère classique, j’ai réalisé que depuis ma sortie du train je serrais mon galet de toutes mes forces, au fond de ma poche droite. Les représentations habituelles : les phalanges blanches à force de. Je n’ai pas vérifié. Je nous revoyais marchant sur la plage du Bois. Dans le vent. Je scrutais les lointains. Quelque chose de... [Lire la suite]
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27 septembre 2010

le galet

Je n’oublierai pas ce jour. Il faisait froid. Frais pour la saison, disons. Froid mais beau. Alors nous avons marché sur la plage. Nous n’avons pas compté nos pas. Je t’ai dit que j’aimais marcher sur la plage. Je t’ai dit que j’aimais le bruit des vagues. Tu as souri, sans doute, indulgente. Tu savais. Et tu aimais aussi. Nous marchions sur l’estran. Le bruit nous envahissait. J’avais l’impression de faire partie intégrante du paysage, quelque chose comme ça. La mer remontait. ... [Lire la suite]
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21 septembre 2010

l'île

C’est possible que nous ayons été les derniers à quitter le bateau. Nous n’étions pas pressés. Nous avions le temps. Il nous reprendrait six heures plus tard. Largement le temps de faire le tour de l’île. Une île. Tu prends un bateau, un matin. Et tu te rends sur une île. Tu n’as pas choisi le trajet le plus court. Tu n’as rien choisi du tout, en fait. C’est moi qui ai choisi. J’ai choisi l’île et le bateau. Nous voguons dans l’embouchure du fleuve. ... [Lire la suite]
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