12 septembre 2012

lecture

Ce midi, j’ai mangé avec L. A la cantine. (Oups, que dis-je, au restaurant d’entreprise, bien sûr, parlons donc le politiquement correct) (parenthèse dans la parenthèse : dans mon prochain roman, une femme dit « oups ») (parenthèse, etc… Ce sont les femmes qui disent « oups », les jeunes, enfin je crois) (parenthèse, pffff : ce n’est pas de ma génération). Nous avons mangé de l’andouillette et des frites, suivies d’une crème pralinée, vous savez, celle qu’on met dans le Paris-Brest. Du Paris-Brest sans... [Lire la suite]
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11 septembre 2012

araucana

Il faisait frais, ce soir-là, tandis que nous arpentions à grands pas les rues de Saint-Gilles, à la recherche d’un restaurant qui nous plût. Justement, il venait de pleuvoir. Une petite demi-heure d’averse qui s’était abattue, drue, sur nos bras nus et désarmés, nous obligeant à traverser en courant la place jouxtant la gare centrale avant de nous engouffrer dans le métro. Non loin de la porte de Hal, nous jetâmes notre dévolu sur un établissement d’apparence modeste, le menu scotché sur la vitrine nous apprenant que nous pourrions... [Lire la suite]
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09 septembre 2012

enfin

Il vient d'arriver chez moi !
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06 septembre 2012

corrections

Sur la terrasse, dans un coin délicatement ombragé, nous avions trouvé place autour d’une table ronde métallique, peinte d’un gris tendre s’accordant fort bien à la pierre blonde de la maison et au vert environnant. Ensemble nous annotions les feuillets, nous corrigions les mots, nous redressions les torts. Je m’efforçai de juguler la distraction de mon esprit volontiers vagabond : nous étions au travail, pour moi c’était un plaisir. Une brise maligne se mettait parfois à bousculer l’ordonnancement du paquet de pages non reliées,... [Lire la suite]
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03 septembre 2012

rentrer

Des pages se tournent, des portes se ferment, des objets rebondissent, on fait fi des habitudes. Les mondes changent. Les petits comme les grands. Il faut apprendre à regarder différemment. Avec ou sans lunettes. Le temps a changé, aussi. Pas la météo, il fait toujours aussi sec. Mais ce qui fait qu’un matin au réveil, on regarde dehors et on remarque soudain que la lumière est nouvelle, faite d’un bleu délicat égayé ça et là par quelques touches de fauve. Les ombres s’allongent et s’allègent. Il n’est plus nécessaire de déplacer la... [Lire la suite]
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27 août 2012

raki

La nuit tombait alors que nous revenions du cinéma. J’avais envie de m’asseoir dehors, avec peut-être un verre à la main. J’ai bien pensé te proposer une bière sur la Place d’Armes. Toutefois un moment de quiète intimité me semblait préférable, pourquoi pas sur le banc du jardin. Nous sommes sortis à tâtons, laissant allumées les lumières de la cuisine, prenant soin toutefois de fermer la porte, à cause des insectes. Nous avons traversé la pelouse, foulant d’un pas prudent les feuilles recroquevillées tombées du cerisier. Nous avons... [Lire la suite]
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21 août 2012

flou

J’ai passé une demi-heure dans le flou artistique. Ce rituel revient régulièrement, il me suffit de prendre place dans le fauteuil du coiffeur. Cette notion de flou soi-disant artistique me rappelle le temps où les photos de modèles graciles et savamment dénudés étaient systématiquement floutées par une sorte de brume que, personnellement, je jugeais intempestive. L’effet était tellement proche de ce qu’on perçoit à travers des lunettes sales que je n’en voyais pas l’intérêt. Ce jugement n’engage que moi, bien entendu. Tout ça pour... [Lire la suite]
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16 août 2012

maison bleue

Je n’avais jamais remarqué jusqu’à présent que, dans les villages aragonais, on trouvait plein de maisons bleues, adossées ou non à la colline. Il faut prendre le temps d’y venir à pied, parce qu’en voiture dans les ruelles, et sous les arcades, n’est-ce pas. Le nec plus ultra de la décadence étant le 4x4, qui ne manque hélas pas de polluer la moindre des photos, en plus de pomper l’air du flâneur ordinaire, qui pourtant ne frappe pas. Je ne me souviens déjà plus du pourquoi du comment de ces traces d’enduit bleu, un bleu pâle assez... [Lire la suite]
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09 août 2012

un incendie

C’était le jour le plus chaud, je crois. Je me revoyais encore, peu de temps auparavant, debout devant le comptoir de la cave, m’essuyant le front avec mon mouchoir tandis que le tenancier préparait les cartons de garnatxa. Plus tard, la voiture filait droit sur un paysage de lointains bleutés et de blés murs. La vue était vaste, je me sentais petit. Et puis oui, il y avait ce blé, comme un soleil, éclatant incongrument à la vue dans une contrée où tout n’est qu’oliviers chenus et amandiers sombres. Après avoir rangé le vin, nous... [Lire la suite]
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06 août 2012

place du grand sablon

C’était un samedi, en fin d’après-midi. La ville s’alanguissait, la bière miroitait aux terrasses. Au coin de la place du Grand Sablon, nous avions pris place devant un estaminet, où je laissais mes doigts s’imprégner de la fraîcheur du verre. T’aurais-je fait sursauter en les glissant le long de ton cou ? J’y ai bien pensé, mais me suis contenté de t’enlacer. Nous regardâmes passer la vie. Nous écoutâmes le tressautement des roues d’auto sur le pavé gris. Parfois nous observions des couples de touristes se photographier... [Lire la suite]
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