25 mai 2012

terre ferme

Peut-être que le vent nous portera, qui sait. Peut-être nous muerons-nous en ces cerfs-volants à tête de dragon. Peut-être rugirons-nous sans le savoir. Nous marcherions des heures entières sur l’estran, dilués dans l’immense, rendus sourds par le fracas du ressac. Le loin serait incertain, mêlé à de lourds nuages sombres. Ou alors, surgis d’on ne sait où, la lumière et la chaleur nous seront cruelles. La lumière est toujours cruelle dans les moments difficiles. On se rassurera. Le vent nous portera. On murmurera ces paroles d’envie... [Lire la suite]
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24 mai 2012

yves

Le jour où tu es parti… En vrai, on ne sait pas le jour exact. On ne sait pas quel écueil, dans cet océan de jours gris a eu raison de toi. Le jour où tu t’es élevé au-dessus de nous, disons, le seul jour des environs où la température s’est hasardée au-dessus des vingt degrés, ce devait être un signe, la lumière était si violente, avec ses prés d’un vert éclatant, son ciel bleu implacable, ses fleurs clinquantes, claquant des mille nuances du spectre, que je fus tenté un instant de cacher mes larmes sous mes verres fumés. Je... [Lire la suite]
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21 mai 2012

s'ancrer

Retrouver pour quelques jours, l’année dernière, le pays (un des pays) de mon enfance m’avait empli de joie. Je pouvais marcher dans d’anciens pas. Je pouvais te montrer. Je pouvais découvrir, aussi, avec toi. Car je suis bien loin d’avoir tout connu autrefois. Je me questionnais aussi. Le pays avait changé. Il s’était distendu, il n’était pas exactement conforme à ma mémoire. Mais la mémoire nous joue des tours, comme chantait je ne sais plus qui, nous qui croyions que notre amour… Maxime, non ? Depuis quarante ans, le pays... [Lire la suite]
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09 mai 2012

à l'épervier

Nous filions à travers le vieux pays ; la terre était mate, le ciel roulait bas. Inutile même de parler des hirondelles et de leur façon de voler. Parfois, au loin, nous distinguions une forme claire se mouvant à ras de champ. Quel oiseau est-ce, demandais-tu ? Je ne savais pas. Je ne reconnais que les geais. Celui là n’en était pas un. Je le vis s’élancer, puis planer un instant au-dessus de la vague céréalière. J’ai pensé à un rapace. Malgré ça, je t’ai dit : une mouette. De toute manière les oiseaux sont un peu... [Lire la suite]
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07 mai 2012

page 23

J’ai peur. Peur de moi-même, en fait. C’est à cause de l’image, cette fois.On dirait un totem. Nous avons cherché partout. Les gosses m’ont aidé.Des livres, il y en a partout, dans cette maison. Il y a des livres dans toutes les pièces. Nous croulons sous les livres. Vouloir trouver un livre en particulier, c’est une gageure. Alors quand on ne sait même pas ce qu’on cherche… C’est Camille qui l’a trouvée. L’image. Où as-tu trouvé ça ? Ai-je demandé. Elle a montré le coffre où je range les bouteilles de scotch. C’était dessous,... [Lire la suite]
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04 mai 2012

Vous pensez...

.... que la France est malade ?     Changeons de médecin !
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03 mai 2012

revermont

Protégés à l’abri d’une bulle, celle de l’habitacle automobile, nous nous heurtons sans cesse à la maussaderie des éléments. Il me suffit pourtant de te regarder pour occulter le noir, ne permettant pas à la pluie dégoulinant sur les vitres de me transir virtuellement. La voiture file en chuintant sur l’autoroute, tandis que le lent mouvement de métronome produit pas les essuie-glaces ne parvient heureusement pas à m’hypnotiser. Le téléphone sonne. Tu décroches. Je ne saisis que des bribes de la conversation, mais je sais qu’à... [Lire la suite]
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30 avril 2012

samedi de pluie

Samedi d’avril, samedi de pluie. Et Paris. Paris sous la pluie. Paris de la grisaille dont on fait les vitraux. Les premières gouttes, comme par hasard, à l’instant même où tu surgis du métro. Traverser l’avenue. Tenter l’aventure d’une ruelle aux couleurs désordonnées. Pour les photos, pour les mots, pour les cris. Même le vert terne des poubelles est orné. Des dessins sourient. Glisser sur le pavé luisant. Tu t’accroches à mon bras. J’aime que tu aies ce besoin. Notre parapluie est trop petit, sans doute, mais qu’importe, nous... [Lire la suite]
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27 avril 2012

savoie

Pour Aline En attendant de nouveaux écrits...
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13 avril 2012

limousines

La chasse a été bonne. Imagine. Un gros lièvre, superbe, qui détale devant moi au détour du chemin, alerté par mon auguste foulée. Je le suivis du regard tant que je pus. Ce chemin est une véritable ménagerie. Lorsque les chevreuils n’y sont pas on y trouve des lièvres, ou des lapins, ou des faisans. J’aimerais y trouver des abeilles en bonne santé, aussi. Que nous ayons une chance de voir nos arbres fécondés. Je rêve d’une abondante récolte de fruits, afin que je puisse imaginer des mélanges épicés. Peut-être le placard aux... [Lire la suite]
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