18 novembre 2014

danse

C’était une soirée festive. La joie était parmi nous. Nous nous contentions de sourire et de bouger. Pour échanger des paroles, il nous aurait fallu sortir et nous éloigner sur le boulevard. Nous n’en éprouvions pas l’envie. La villa crachait ses décibels sur le quartier. À l’intérieur se produisait un orchestre traditionnel avec chanteur, dont j’appréciais les accents parfois andalous. Dehors, les invités étaient accueillis à grand renfort de trompes et de percussions, jouées par des hommes en rouge dont on disait qu’ils étaient... [Lire la suite]
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11 novembre 2014

panoramique

Sur les hauteurs de la ville, en marge des campagnes abandonnées et des cités en devenir, le boulevard se déploie, sinue et ondule à la manière furtive d’un serpent. D’un côté les hauts murs et les portails électriques dissimulent la luxuriance des villas et des jardins. La saison n’est plus aux rires échappés des piscines, maintenant les branches tendues par-dessus les grilles, lourdes de grenades mures, aiguisent la gourmandise. Laissons passer un tramway, symbole pimpant de modernité, pour traverser la chaussée. Le boulevard est un... [Lire la suite]
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04 novembre 2014

les livres qui ont marqué votre vie

  J’ai lu quelque part ces mots : « les livres qui ont marqué votre vie. » Avec un point tout court ou avec un point d’interrogation ? Je ne sais plus. Mon regard a aussitôt fui. Toujours est-il que cela m’a interpellé. Ce serait une bonne question, de savoir quels livres ont marqué ma vie. Mais une question difficile. Comment répondre ? J’en ai lu tant. Pas assez, certes, mais beaucoup quand même. Et ma mémoire s’extériorise difficilement sur commande. Je suppose que nombreux parmi eux sont ceux qui... [Lire la suite]
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02 novembre 2014

les galets

J’ai maintenant deux galets. J’en suis l’heureux possesseur. Ce ne sont que des cailloux, direz-vous. Certes. Mais leur valeur est inestimable. Le premier se trouve dans la poche droite de ma veste. Je le triture parfois en marchant. Celui-ci, Elle l’a ramassé sur la plage et me l’a offert. Elle y a mis son cœur, voici maintenant quatre ans, juste avant que nous allions découvrir le crabe sculpté sur la façade d’une église de l’île de Ré. Le présage de cette trouvaille était évident, alors mon galet m’aiderait, tel un talisman, à... [Lire la suite]
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22 octobre 2014

voir ailleurs

Braver les courants d’air, la promiscuité, les coulures sales sur le carrelage terne du labyrinthe. Émerger au jour. S’arrêter une infime seconde, le temps de se demander par quel côté on va contourner la bouche du métro. Se heurter au fracas de la circulation. En faire fi. Lever les yeux sur le feuillage jaunissant des marronniers. Jouir de l’instant. Tout ça pour quoi ? Laisser le doute s’insinuer dans la confiance. Il est encore tôt, croit-on. Les visiteurs ne seront pas nombreux. Et puis qui s’entiche des formes obèses et... [Lire la suite]
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16 octobre 2014

casablanca

Il est six heures. La ville dort encore. Pas pour longtemps. Bientôt la prière s’insinue par la fenêtre ouverte de la salle d’eau, ondule et sinue, se répercute à l’infini de minaret en minaret. Il est six heures et quelques. L’aube s’éclaircit. La ville s’éveille. Un coq chante. Le ballet des mobylettes commence. Oui des mobylettes. Ici peu de scooters. On roule encore à l’ancienne, sans casque de préférence, et même à plusieurs sur une même monture. Le plus étonnant, je m’en fais la réflexion, est que ce bruit surgi de ma... [Lire la suite]
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08 octobre 2014

pique-nique

Je ne suis pas un accro du pique-nique en général et du sandwich en particulier. Je préfère de loin m’attabler devant une petite salade, un verre d’eau et une grappe de raisin pour le dessert. Euh, non je rigole. Enfin si, des fois, mais pas que. Bref. L’autre jour, un jour d’avant l’automne. J’étais en congé l’après-midi. Alors j’ai mangé avec Elle sur un banc au soleil, juste devant le portail de Saint-Jean de Montierneuf. Non, je n’ai pas pris de photo. Mais vous trouverez bien sur gougueule, pour vous faire une idée. Nous avons... [Lire la suite]
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01 octobre 2014

en terrasse

Nous sommes attablés pour déjeuner, sur la place du marché. En vrai elle s’appelle place Charles de Gaulle. On la dénomme aussi parfois place Notre-Dame, puisque l’église est à côté. Moi je préfère place du marché. Parce que j’aime bien le marché en général, et celui-ci en particulier. La terrasse du resto est située de l’autre côté de la rue, non loin de la halle. Je suis face à Elle et à mon petit-fils (qui dévore son kebab en buvant du coca-cola, mais je ne suis pas réprobateur, je tiens avant tout à lui faire plaisir). Derrière... [Lire la suite]
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26 septembre 2014

page blanche

Aujourd’hui me voici confronté aux affres de la page blanche. Enfin non, déjà plus, puisque j’ai écrit ces quelques mots. Je veux dire que je n’ai rien à dire, comme ça, à brule pourpoint. Si je vous raconte que j’ai taché ma chemise à la cantine, je doute fort que ce soit intéressant. Même si j’ai taché ma veste par la même occasion. Si je vous raconte que depuis ce matin j’ai un ordinateur tout neuf sur mon bureau, ce ne sera pas beaucoup plus passionnant. Ah, ben si, quand même : le machin arbore des mensurations étonnantes.... [Lire la suite]
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22 septembre 2014

mouton

Nous vivons dans une ville de moutons. Ou tout du moins la ville est cernée de faubourgs à moutons car, il faut le savoir, le bétail s’aventure encore fort peu dans le centre. J’ignore d’où viennent ces ovins facétieux. Ils ont été collés çà et là sur des murs, des vitrines de locaux désaffectés ou pas encore affectés, des transfos électriques et éclectiques, des poteaux, des feux tricolores… les stabulations urbaines sont multipliables à l’infini. Qui a collé les moutons ? Bonne question. Je ne connais pas la réponse. Il faut... [Lire la suite]
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