22 octobre 2014

voir ailleurs

Braver les courants d’air, la promiscuité, les coulures sales sur le carrelage terne du labyrinthe. Émerger au jour. S’arrêter une infime seconde, le temps de se demander par quel côté on va contourner la bouche du métro. Se heurter au fracas de la circulation. En faire fi. Lever les yeux sur le feuillage jaunissant des marronniers. Jouir de l’instant. Tout ça pour quoi ? Laisser le doute s’insinuer dans la confiance. Il est encore tôt, croit-on. Les visiteurs ne seront pas nombreux. Et puis qui s’entiche des formes obèses et... [Lire la suite]
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16 octobre 2014

casablanca

Il est six heures. La ville dort encore. Pas pour longtemps. Bientôt la prière s’insinue par la fenêtre ouverte de la salle d’eau, ondule et sinue, se répercute à l’infini de minaret en minaret. Il est six heures et quelques. L’aube s’éclaircit. La ville s’éveille. Un coq chante. Le ballet des mobylettes commence. Oui des mobylettes. Ici peu de scooters. On roule encore à l’ancienne, sans casque de préférence, et même à plusieurs sur une même monture. Le plus étonnant, je m’en fais la réflexion, est que ce bruit surgi de ma... [Lire la suite]
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08 octobre 2014

pique-nique

Je ne suis pas un accro du pique-nique en général et du sandwich en particulier. Je préfère de loin m’attabler devant une petite salade, un verre d’eau et une grappe de raisin pour le dessert. Euh, non je rigole. Enfin si, des fois, mais pas que. Bref. L’autre jour, un jour d’avant l’automne. J’étais en congé l’après-midi. Alors j’ai mangé avec Elle sur un banc au soleil, juste devant le portail de Saint-Jean de Montierneuf. Non, je n’ai pas pris de photo. Mais vous trouverez bien sur gougueule, pour vous faire une idée. Nous avons... [Lire la suite]
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01 octobre 2014

en terrasse

Nous sommes attablés pour déjeuner, sur la place du marché. En vrai elle s’appelle place Charles de Gaulle. On la dénomme aussi parfois place Notre-Dame, puisque l’église est à côté. Moi je préfère place du marché. Parce que j’aime bien le marché en général, et celui-ci en particulier. La terrasse du resto est située de l’autre côté de la rue, non loin de la halle. Je suis face à Elle et à mon petit-fils (qui dévore son kebab en buvant du coca-cola, mais je ne suis pas réprobateur, je tiens avant tout à lui faire plaisir). Derrière... [Lire la suite]
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26 septembre 2014

page blanche

Aujourd’hui me voici confronté aux affres de la page blanche. Enfin non, déjà plus, puisque j’ai écrit ces quelques mots. Je veux dire que je n’ai rien à dire, comme ça, à brule pourpoint. Si je vous raconte que j’ai taché ma chemise à la cantine, je doute fort que ce soit intéressant. Même si j’ai taché ma veste par la même occasion. Si je vous raconte que depuis ce matin j’ai un ordinateur tout neuf sur mon bureau, ce ne sera pas beaucoup plus passionnant. Ah, ben si, quand même : le machin arbore des mensurations étonnantes.... [Lire la suite]
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22 septembre 2014

mouton

Nous vivons dans une ville de moutons. Ou tout du moins la ville est cernée de faubourgs à moutons car, il faut le savoir, le bétail s’aventure encore fort peu dans le centre. J’ignore d’où viennent ces ovins facétieux. Ils ont été collés çà et là sur des murs, des vitrines de locaux désaffectés ou pas encore affectés, des transfos électriques et éclectiques, des poteaux, des feux tricolores… les stabulations urbaines sont multipliables à l’infini. Qui a collé les moutons ? Bonne question. Je ne connais pas la réponse. Il faut... [Lire la suite]
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16 septembre 2014

la pause clain

Ding dong. SMS. Je me précipite. « Pause Clain terminée », écrit Elle, sans majuscule à pause ni à clain. Je souris. Je regarde dehors. Pas un nuage, rien que du beau. Alors la pause Clain, tu penses. Quant à moi j’ai profité des rues. Je me suis faufilé dans la foule, en direction de la boutique Orange, mais sans y croire. Et de fait il y avait foule. Il y a toujours foule. Je ne sais pas ce qui attire les gens. On dirait des mouches sur un morceau de barbaque. Les oranges, ça attire les mouches ? J’ai du mal à croire... [Lire la suite]
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11 septembre 2014

voyage en train

Nous traversions une contrée de douces collines verdoyantes. Un rayon de soleil perça un instant la gangue de nuages pour iriser la frange des maïs. Je lisais. Pour autant il m’était difficile de rester complètement indifférent au paysage. Depuis l’enfance, j’étais bâti, entre autres, de cette passion pour les campagnes découvertes fugitivement depuis les vitres des trains. Je me distrayais donc de ma lecture, sautais de vigne en prairies, de colline en forêt. J’éprouvais du plaisir. Parfois le train traversait une agglomération.... [Lire la suite]
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03 septembre 2014

gex

Nous sommes en fin de repas. Il est temps de sacrifier au rituel du plateau de fromages. En l’absence d’invités, lors d’un repas ordinaire, un soir de semaine ordinaire, le fromage est présenté sur l’ordinaire plateau de rotin que nous rangeons dans le bas du réfrigérateur. Froid sacrilège, certainement, mais abri sûr face aux mouches et autres insectes investigateurs. Les morceaux de fromage sont emballés dans du papier froissé mais néanmoins approprié. Quelques-uns sont encore intacts, que nous regardons d’un œil gourmand. Les... [Lire la suite]
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30 août 2014

falaise d'amont

C’est un coin d’herbes rases, au bord d’une falaise, tel une nacelle voguant entre ciel et vagues, loin du raffut des galets malmenés par le ressac. Un coin d’herbes rases au royaume du vent, un lit de scabieuses à portée de goélands ; un pays marqué au sceau du souvenir. Point de silence ici, mais la vie qui mugit, éphémère, éternelle. Je me suis couché, j’ai observé les nuages fugitifs. Le vertige m’est venu, léger, aérien, en accord avec les arabesques des oiseaux. J’ai saisi ta main. Nous sommes restés ainsi. Immobiles et... [Lire la suite]
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