05 juin 2018

des lumas dans l'hélichryse

Des lumas dans l’hélichryse. Voici qui ferait un bon titre pour un polar, songé-je tandis qu’il a plu il y a peu et que je secoue la nappe par la fenêtre ouverte. Un polar humoristique, à la mode de ce bon vieux Charles Exbrayat, dont je lisais autrefois les ouvrages avec délectation, voire avec un accent stéphanois que j’imaginais conforme à celui d’une amie rencontrée jadis en colonie de vacances. Un polar avec un titre du style « Le temps se gâte à Zakopane ». Personne ne sait où se trouve Zakopane, j’imagine ; en... [Lire la suite]
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18 janvier 2018

pensées

Quelques jours avant la Toussaint, je me suis rendu chez le pépiniériste de mon village afin d’y acheter des compositions florales à déposer sur les tombes des miens au cimetière de Dole : une pour mon père et l’autre pour mes grands-parents. J’ai ainsi déniché deux jolis ensemble comportant des plantes a priori résistant aux gelées, et des pensées fleuries de joyeuses couleurs, jaune vif pour l’une et orangé pour l’autre. Depuis cette date je me suis rendu au moins plusieurs fois à Dole (à environ 500 kilomètres de la maison).... [Lire la suite]
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13 décembre 2017

albums photos

Mon tout premier roman, écrit au début des années 90, au crayon sur une ramette de papier car n’ayant pas d’ordinateur à cette époque et donc pas de traitement de texte, s’intitule « Le petit déjeuner » en référence à un tableau cubiste de Juan Gris. Ce texte n’a jamais été publié car très personnel, et sans doute aussi très brouillon, le style se bonifiant avec l’expérience sinon avec l’âge. Peut-être le retravaillerai-je un jour. En attendant ce ne sont pas les projets qui manquent. Dans ce texte le personnage principal... [Lire la suite]
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03 juillet 2017

émotions

Le 1er juillet il pleuvait. La veille, le 30 juin, il pleuvait aussi. Et il pleurait. Je dis ça pour le jeu de mot, bien sûr, et aussi parce que le 30 juin était un jour d’émotions. Je n’en savais rien avant, ce n’était même pas mon anniversaire, pas encore, mais dès le matin de ce 30 juin, il y avait quelque chose dans l’air. Pourtant il pleuvait. Lorsque je sui revenu de la boulangerie, que j’ai eu fini de préparer le petit déjeuner, je suis allé chercher Elle dans la chambre. Elle lisait. Des larmes glissaient sur ses joues. Elle... [Lire la suite]
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26 mai 2017

le baiser

C’était un mardi de mai, un mardi exceptionnellement chaud. Nous avions tenté une randonnée au départ de Saint-Pierre, un trajet balisé qui nous conduirait au milieu du silence, dans le marais. Je ne disserterai pas ici sur la notion de silence. Je sais bien que le vrai silence n’existe pas, notamment là où fusent sans relâche les trilles des oiseaux, même pour un homme à l’ouïe fatiguée tel que moi. En chemin nous avons trouvé un jardin. Un havre d’ombres et de couleurs, à l’abri du soleil implacable. Nous avons visité le jardin,... [Lire la suite]
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17 février 2017

seringat

Je lis un roman vietnamien auquel je trouve un côté un peu lancinant, lent ; peut-être est-ce le propre de la littérature asiatique. Tout à coup je m’évade. Mes yeux se ferment doucement. Le livre se referme sur mes doigts. Il n’est pas encore près de me tomber sur le nez. Je suis toujours présent et déjà parti. Je nage entre deux eaux. Soudain je vois un fond de ciel d’un bleu profond sur lequel se détache le fouillis inextricable des branches du seringat que j’ai entrepris de tailler, juché sur un escabeau instable dont les... [Lire la suite]
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07 décembre 2016

philosophe

  Luc Ferry, le ministre philosophe, parle de bonheur à la radio. Du bonheur. On pourrait évoquer des sujets plus idiots ou plus sinistres. L’homme parle bien. Je suis dans la voiture, avec Elle. Nous écoutons. Nous recevons ses paroles avec plaisir. Je ne sais pas si je lirais volontiers un livre sérieux parlant de philosophie et de bonheur. Alors capter les mots à la radio me convient très bien. J’aurais aimé pouvoir converser plus longuement avec ce grand homme, que j’ai eu l’occasion de rencontrer. C’était il y a deux... [Lire la suite]
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09 novembre 2016

jalons

J’ai vu des geais. Ils aiment bien traverser les routes. Y compris dans le brouillard. Je sais ce que dirait Gilbert : saloperies de geais ! Font-ils des dégâts dans les jardins ? Je ne sais pas. J’ai envoyé un texto à Elle, et je le lui ai dit, j’y tenais. J’ai vu des geais. Ils ne font aucun dégât dans nos cœurs. Ils sont nos témoins. Ils ont scellés des choses entre nous, alors même que nous vivions des moments difficiles. Ou peut-être à cause de ça. Les geais, comme ciment de notre lutte, au même titre que les... [Lire la suite]
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26 août 2016

un jour comme un autre

Un vendredi matin. Un vendredi de travail. Un vendredi d’été. Un jour comme les autres : aujourd’hui. Il fait beau et doux, un jour d’été normal. Je sors du parking. Celui de la boîte ou le parking public, peu importe. J’actionne l’ouverture du sas avec mon badge. J’enregistre mon horaire d’arrivée à la pointeuse. Plus que trois passages. Couloir, escalier, porte d’entrée du service. Le dernier matin. On s’amuse, on m’acclame, un ban pour le chef ! Je ris de bon cœur. Je fais la tournée des présents, une bise par ci, une... [Lire la suite]
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03 août 2016

le premier jour du reste de ma vie

Le premier jour du reste de ma vie sera un samedi. Il fera suite à un vendredi, ce qui est normal, un vendredi qui sera le dernier jour de ma vie de travailleur. Un samedi, ça ne compte pas dans ma vie de travailleur, enfin pas souvent. Le samedi est un jour de marché et d’apéro. Ou de découverte. Ou de maison. Ou d’amour. Ou de rien. Ou de tout à la fois. Ça dépend de l’humeur. Un samedi peut-il être un premier jour de ce qui restera ? Repoussons donc au lundi suivant. Non j’ai encore un sursis. Disons jusqu’au mercredi qui... [Lire la suite]
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