le carnet vert

impressions d'hier et d'aujourd'hui

29 novembre 2009

2000 visiteurs

J’ai lu quelque part qu’un bon blog devait avoir 2000 visiteurs par jour.

J’ai cru rêver.

En fait je sais où je l’ai lu.

Quelque part, oui.

Mais quelque part de précis.

J’ai donc repris le magazine sur le bureau de mon collègue, un qui s’occupe de la logistique, et j’ai compulsé fébrilement.

Oui, il y a dans mon bureau des gars qui s’occupent de la logistique. Parce que, comme on est en travaux de rénovation, on nous a regroupés comme on pouvait. Donc mon bureau n’est pas mon bureau. Je suis comme qui dirait en villégiature. C’est pas toujours simple pour ce que j’ai à faire, il y a parfois un peu de friture sur la ligne, mais ce n’est pas complètement inintéressant. C’est l’occasion de connaître d’autres points de vue sur le boulot et sur la vie.

Mais revenons à cette histoire de blogs.

2000 visiteurs par jour.

C’est du délire.

Ou alors ce carnet vert, que vous dévorez présentement, est exceptionnellement mauvais. Ce qui est bien possible. Je suis assez humble.

Mais enfin quand même !

A part les journalistes professionnels, qui peut bien avoir des statistiques pareilles ?

Et encore.

2000 visiteurs.

C’est complètement dingue.

Je serais curieux de savoir à combien plafonne un vrai écrivain. Un écrivain reconnu. J’ai du mal à imaginer que le gars ait 2000 lecteurs fidèles par jour. Même une fille super belle qui serait écrivain et qui mettrait en prime des photos d’elle sur son blog. J’ai vraiment du mal à y croire. Mais je suis peut-être complètement à côté de la plaque.

Même un blog qui cause de cuisine ou de broderie, mettons, parce qu’on peut imaginer que les gens que ça intéresse sont plus nombreux que les lecteurs d’élucubrations littéraires, même là, j’ai du mal à imaginer.

2000 visiteurs.

Ce doit être une faute de frappe dans la feuille de chou, je ne vois pas d’autre explication.

Posté par philg à 15:48:20 - chroniques du bureau - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 octobre 2009

fenêtre

L’image du jour. Imaginer. Une fenêtre ouverte sur le dehors. Celle du bureau. Un nouveau bureau. Provisoire. Pendant la durée des travaux de rénovation. C’est pourquoi je ne suis pas habitué. A l’image quotidienne immuable que renvoie la fenêtre ouverte. Encore que. On peut douter de l’immuabilité de la vue. Au moment où j’écris cela, une douce lumière automnale éclaire la cour et le bâtiment. En reflet sur la vitre du vantail ouvert, je vois un haut mur au chaînage de pierres blanches, une cheminée armée d’une dizaine de chapeaux en poterie, la pente d’un toit couvert d’ardoises, ce sont des maisons de ville. Soudain la lumière change, l’ocre du crépi s’assombrit. La disposition du gris dans le pastel du ciel s’est légèrement modifiée.

Posté par philg à 19:00:54 - chroniques du bureau - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 juin 2009

du gâteau

Mes doigts filaient sur le clavier, mon regard était rivé à l’écran, j’étais absorbé par mon ouvrage. C’est alors qu’on frappa à la porte du bureau. Mais non, ce n’est pas vrai. On ne frappe pas à ma porte. On entre, voilà tout, la porte n’est jamais fermée. Mon œil rivé à l’écran captait la présence d’une silhouette qui s’avançait vers moi, je me détournai donc de ma palpitante écriture pour constater que c’était Sandrine, la star du bureau. Oh je ne dis pas ça méchamment, ni avec la moindre once de moquerie. Sandrine serait bien surprise, j’imagine, que je la voie ainsi en vedette, mais que voulez-vous, elle est tout simplement belle, quoique vêtue très sobrement, et jeune, ce qui est loin d’être le cas de la plupart d’entre nous. Elle me regardait avec ce sourire désarmant qu’elle affiche volontiers. Sandrine est très souriante. Elle tenait à la main une sorte de saladier en plastique, genre tupperware, voyez, et me demanda candidement si je désirais un peu de gâteau. Vous me direz que je joue sur les mots, mais vous aurez sans doute remarqué que, même si je ne retranscris pas ses paroles exactes, la mignonne ne m’a pas offert un morceau de gâteau, mais UN PEU de gâteau. La nuance est d’importance. En effet j’ai jeté un œil dans son récipient pour remarquer une sorte de fouillis jaune ressemblant vaguement au contenu d’une gamelle de polenta. Ou à du couscous aggloméré. Elle m’a fait un joli sourire et a déclaré que le gâteau était un peu raté mais qu’il était sans doute bon quand même. Comme c’était bientôt l’heure de la pause café, j’ai plongé ma main dans le saladier et j’en ai extrait une poignée de miettes suffisante pour ne pas vexer la pâtissière débutante, et suffisamment ténue pour que ma volonté de faire attention à ce que je mange, ne soit pas trop facilement battue en brèche, parce que vous comprenez, la balance, le cholestérol et tout ça. Elle a paru contente et c’était tant mieux. J’ai posé mon paquet de gâteau sur une feuille de brouillon. J’ai pris une poignée de pièces de dix centimes dans le tiroir de mon bureau, et je me suis dirigé du côté de la machine à café. Quelques minutes plus tard j’ai constaté qu’il serait difficile de faire trempette dans le gobelet de café, je me suis donc contenté, tout en sirotant mon breuvage, de picorer les miettes qui tachaient de gras mon papier brouillon, et ma foi, Sandrine avait raison, son gâteau informe était bon.

Posté par philg à 21:09:30 - chroniques du bureau - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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