25 novembre 2013

le fruit défendu

Trois grosses grappes de raisin gisent dans un compotier. Un raisin noir et luisant évoquant un de ces bonbons parfumés à la réglisse. Quelques grains s’abîment. Un peu de jus pourpre tache la porcelaine. Je ne sais résister au plaisir du grappillage. Mes doigts sont vite poisseux. L’effet en bouche est étrange. La pulpe entière s’extrait de l’enveloppe. De la langue j’en éprouve la rondeur. Alors s’éveillent les souvenirs. Dehors il pleut, pourtant se présentent des images d’un septembre torride. L’herbe brûlée cassait sous nos... [Lire la suite]
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20 janvier 2013

que serais-je sans toi

Que serais-je sans toi ? J’ai ce titre-là en tête depuis ce matin. Il tourne en boucle. Le titre et l’air. Pas les paroles, car bien sûr, je n’ai jamais été capable de les mémoriser. Ni celles-ci ni d’autres. Je ne sais pas retenir par cœur. Pourtant dieu sait que j’y mettrais du cœur, si j’étais en mesure de la chanter. Elle tourne en boucle dans ma tête. Depuis toujours ? Non. Depuis que je te connais. C’est déjà énorme. Depuis toujours, si je me dis que l’avant ne compte pas. Je crois qu’auparavant je n’avais jamais... [Lire la suite]
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11 juin 2012

en nos premières vacances

Te souviens-tu de ces jours heureux ? Nous vivions nos premières vacances ensemble, il y de cela des siècles. Une parenthèse d’une petite semaine, ou peut-être bien deux, à nous tenir chaud emmitouflés dans les pampres échevelés du mistral. Je ne servais à rien, mais on m’avait déclaré bon pour le service, quelques mois plus tôt, et voilà que j’avais obtenu la permission de t’emmener en voyage pour quelques jours. Quand on m’avait parlé de service, j’avais entrevu la possibilité de peaufiner des engagements meurtriers au tennis... [Lire la suite]
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10 février 2012

gauloise

Parfois me reviennent des souvenirs du temps du noir et blanc. Parfois me viennent des images de trente ans. Parfois j’ai l’impression que rien n’a changé. Parfois j’ai l’impression du contraire, notamment lorsque je monte sur la balance.   Je la revois. Elle. En noir et blanc. Son profil sur un fond flou de garrigue.   La garrigue n’était ni noire ni blanche. La robe d’Elle non plus.   Nous crevions de chaud dans mon labo de fortune, alors que je développais les photos. Nous aimions nous construire des... [Lire la suite]
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27 décembre 2011

en marge

J’ai regardé dehors et j’ai pensé à des garrigues. Je ne sais pas pourquoi au juste. Peut-être parce qu’après plusieurs jours de gris visqueux le ciel a daigné rayonner. Peut-être parce que l’autre soir nous avons parlé de vacances. Peut-être parce que j’ai vu une photo dans une revue. Le pont du Gard. J’ai eu envie de pierres millénaires et de cigales. J’ai eu envie de vignes et d’eau claire. J’ai eu envie de senteurs de thym. J’ai eu envie de ces buissons sauvages s’agrippant aux mollets nus, des choses épineuses et torses... [Lire la suite]
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16 décembre 2010

Teruel

Nous avions roulé longtemps. Sur des routes poussiéreuses. Lignes droites tracées dans la terre rouge. La touffeur du dehors qui pénétrait par les vitres baissées. Notre auto n’était pas climatisée. Et puis la ville. Cette ville. Aux heures où normalement on ne met pas le pied dehors. Le pavé brûlant. Le rosé frais siroté longuement. Je crois me souvenir d’une sorte de place triangulaire. Mais je ne suis sûr de rien. C’est parce que les années. Et ma mémoire. Il y avait un petit taureau en haut d’une colonne. Un taureau de... [Lire la suite]
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08 mai 2010

une rencontre

Pour Aline… Puisque tu m’y fais penser. Je me souviens de cette rencontre comme si c’était hier. Je te promets que des moments comme celui-ci, aussi intenses, il n’y en a pas tant que ça dans une vie. Enfin je pense. Ce jour-là, il faisait une chaleur incroyable. On se serait cru… Je ne sais pas où on se serait cru. Dans un sud poussiéreux, quelque part du côté des tropiques ? On peut bien imaginer ce qu’on veut. La dernière partie s’était achevée il y a peu. Avais-je bien joué ? Je ne m’en souviens plus,... [Lire la suite]
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18 mars 2010

larmor baden

Le sommeil me déserte tant, ces jours-ci, que les yeux me brûlent bien avant l’heure. Alors j’éteins ma lampe et je pose mon livre. Je me tourne vers toi. Je te regarde. Tu lis. Je t’ai donné goût au polar. J’en suis assez fier. Tu lis tournée vers ta lampe. Je vois ton dos ; ton petit sous-vêtement gris ourlé de dentelle ; les fines bretelles qui glissent sur ton épaule. Je ne dis rien. Je te laisse lire. Je n’avance même pas la main. Mais c’est si émouvant de te voir ainsi. Avec tes cheveux dérangés ; ta tête qui s’inscrit en... [Lire la suite]
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19 février 2010

la ville au concerto

Dans la ville au concerto, il y avait peu à voir. C’est pour cela qu’elle me plaisait. Cette ville. Peu à voir, dans le sens touristique du terme. Pas de cathédrale gothique. Pas d’église romane. Pas de maisons patriciennes remarquables. Pas de château, allais-je ajouter. Ce qui eût été faux. Dans la ville au concerto, il y avait un château. Pas dans le centre ville, non. A l’écart. Un château assez décati, dont la façade de pierre blanche et de brique rouge avait un charme indéniable. À cause du décati, sans doute. Le... [Lire la suite]
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12 février 2010

en traversant la bourgogne

J’ignore pourquoi me reviennent ainsi, obsédantes, les images d’anciens trajets. Des trajets laborieux que je faisais en 4L. Une 4L chamois sur laquelle tu avais collé des décalcomanies, comme sur les Pigeot, des trèfles à quatre feuilles et des canards ressemblant à ceux qu’on voit dans les baignoires. Des canards qui ne ressemblent en rien à des canards. Des canards souriants. Je roulais dans la nuit, tu étais restée à Paris, je fusais vers une semaine de labeur, ailleurs, je traversais la Bourgogne. Fuser est un bien grand mot... [Lire la suite]
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