le carnet vert

impressions d'hier et d'aujourd'hui

10 octobre 2009

consignes

Par curiosité j’ai lu le règlement d’un concours de nouvelles. Jusque là j’ignorais que cela pouvait exister. Un concours de nouvelles. A vrai dire je ne me suis jamais préoccupé de savoir si mes nouvelles étaient aptes à concourir à quoi que ce soit. Pas plus que de savoir si elles étaient aptes à être imprimées sur du beau papier. Donc j’ignorais l’existence des concours de nouvelles.

Pour une raison quelconque il se trouve que ce serait tentant de participer précisément à ce concours, c’est pourquoi j’en ai lu le règlement. Ce serait tentant de relever le défi.

Pourquoi je parle de ça ? Parce qu’a priori je frémis à l’idée que l’écriture soit bridée ou balisée ou je ne sais pas comment dire. En effet (et j’ai bien peur qu’il en soit de même pour n’importe quel autre concours du même type) il convient de glisser dans le texte un certain nombre de mots références dont la liste est dressée dans le règlement. Soit. Il n’y en a que quatre, et rien ne dit qu’on soit obligé de s’appesantir dessus. Néanmoins ils orientent fatalement peu ou prou le contenu de l’histoire. Ce qui est plus gênant, pour moi, c’est qu’il est expressément spécifié que l’histoire que je vais peut-être conter prenne place dans une région que je ne connais pas. Ou si peu. Qu’on en juge : j’y ai vu Eddy Merckx y gagner une étape du Tour de France, et je n’y ai pas mis les pieds depuis. Là est donc la vraie difficulté. Car je n’ai pas tellement envie de me documenter. Je répugne un peu à l’idée de me documenter pour écrire quelque chose. Ça nuit à la spontanéité, je trouve. Il n’est pas non plus  particulièrement question que je fasse quatre ou cinq heures de route pour venir me rendre compte sur place. Alors ? Alors je dois compter sur de vagues souvenirs vieux de quarante ans. Sacrée gageure.

Mais pourquoi pas. Ai-je répondu à l’amie qui me proposait le défi.

Ce qui est passionnant, finalement, c’est que, malgré ma réticence à écrire dans le respect de certaines consignes, des idées insoupçonnées se mettent en place, une trame se construit petit à petit, tout ça dans la tête, de manière spontanée, rien n’est encore écrit, mais la mise en mots n’est que l’étape ultime, n’est-ce pas (en dehors des éventuelles corrections). Insoupçonnées, les idées, parce que guidées par les termes de la consigne qui, assez bizarrement, je trouve, parviennent à réveiller des images ou des souvenirs plus ou moins profondément enfouis et dont je n’imaginais pas qu’ils pourraient constituer un jour la matière d’une histoire.

Posté par philg à 17:44:31 - chroniques des choses lues - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 février 2009

olivier

Olivier est mon ami.

Olivier est photographe.

Même si avec modestie il me dit que non.

Moi je dirais même qu'il est un artiste.

Mais jugez donc par vous même, allez voir

LES PHOTOS D'OLIVIER NEUILLE

Posté par philg à 17:33:00 - chroniques des choses lues - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 février 2009

cadfael

Un nouveau blog a élu domicile dans la liste des liens amis, celui de Cadfael :

AU FIL DES MOTS

Posté par philg à 19:47:00 - chroniques des choses lues - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 octobre 2008

train de nuit pour lisbonne

P1030791

"Je ne voudrais pas vivre dans un monde sans cathédrales. J'ai besoin de leur beauté et de leur noblesse. J'ai besoin d'elles contre le caractère ordinaire du monde."

Pascal Mercier

Posté par philg à 21:26:00 - chroniques des choses lues - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 octobre 2008

tango de l'ennui

P1000685

« …¯ Qu’est-ce qu’on peut voyager dans une petite carrée… ¯ »

François Béranger

Posté par philg à 19:47:04 - chroniques des choses lues - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 octobre 2008

la grande peur dans la montagne

P1050525

"Le ciel faisait ses arrangements à lui, sans s'occuper de nous."

Charles Ferdinand RAMUZ

Posté par philg à 19:57:27 - chroniques des choses lues - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 juillet 2007

laissées pour compte

Lorsque je suis en déplacement professionnel dans la capitale, j’ai pris pour habitude de délaisser les wagons surchauffés du RER, de même que le bus de la ligne 21, bondé la plupart du temps, et de leur préférer le 67 qui, lui, parvient au même endroit par des chemins détournés. Il met plus de temps mais le voyage est bien plus agréable.

Je me suis fait la réflexion, passant ainsi près de la place Verlaine, que depuis un certain temps je ne manquais pas de jeter un œil curieux vers la petite rue Vandrezanne. Pour quelle raison ? Et bien parce que chaque matin, depuis que j’ai lu le livre, ça me fait penser aux « Laissées pour compte ». c’est le titre d’un roman de Robert Bober.

Les laissées pour compte en question sont trois vestes pour femme qui ont été délaissées par la clientèle habituelle d’un tailleur parisien. L’histoire se situe dans l’après-guerre, les années 50 ou 60, j’ai oublié ce détail, en tous cas dans l’époque d’avant l’invasion des grandes surfaces. Les trois vestes oubliées sont accrochées ensemble dans un endroit de l’atelier peu mis en évidence, et observent la vie industrieuse qui s’y déroule. Dans un second temps, le tailleur se débarrasse des trois vestes qui vivent donc, à partir de ce moment, leur vie de veste séparément, qui sur la scène d’un théâtre, qui sur les épaules d’une étudiante. Laquelle habite une chambre dans un immeuble de la rue Vandrezanne, dont la fenêtre donne sur la petite place Verlaine et son square. D’où mon association d’idées quotidienne.

Pour en revenir au bouquin, outre le style délicieux dont il est coutumier, l’auteur fait ici montre d’originalité en donnant la parole à des vêtements, qui sont à tour de rôle les narrateurs de l’histoire.

P1030557

Posté par philg à 08:03:00 - chroniques des choses lues - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 juin 2007

les jeunes voyous

C’était un mois de juin torride. Enfin, je revois une impression de rues poussiéreuses, de l’orangé. La banlieue transpirait.

Peut-être ce souvenir prend-il cette teinte chaude et harassée parce qu’il est lié à de la lecture. Peut-être avais-je lu ce livre ci le soir, tandis que le ciel prenait des teintes cuivrées.

Les jeunes voyous. Ça allait bien avec l’ambiance, je trouve.

Ce livre a encore sa place sur mes étagères, et lorsque mon regard tombe par inadvertance sur sa tranche défraîchie, je me remémore la touffeur de ces soirées de début d’été.

Les jeunes voyous : un ouvrage que j’ai longtemps considéré comme un livre phare de ma bibliothèque. Le lirais-je aujourd’hui, peut-être ne le placerais-je pas si haut. Je ne sais pas. Disons qu’il était symbolique de mon approche de la littérature, par le roman policier. Encore que celui-ci n’est pas vraiment un policier, mais plus exactement la peinture d’une certaine partie, marginale, de la société française. Auguste Le Breton excellait vraiment dans ce domaine, savait peindre des portraits sympathiques, créer une ambiance… Rassurons nous, je ne m’identifiais en aucune façon à ces personnages, je n’ai d’ailleurs jamais eu de sympathie pour les voyous, jeunes ou pas, mais il y avait là des personnages attachants, et de la couleur : on dit « haut en couleur », non ?

Posté par philg à 13:20:41 - chroniques des choses lues - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mai 2007

lip

Samedi dernier j’ai rajeuni de plus de trente ans.

De ces années lumineuses, je n’ai voulu me remémorer que le bon, que les idéaux. Je me suis souvenu qu’entre deux révisions mollassonnes je me réjouissais de la lecture d’Actuel et de Libé. J’en parcourais passionnément le papier baveux, y compris les pages de petites annonces. Parfois je prenais la plume et je rédigeais une réponse que je n’envoyais jamais. Je froissais des papiers et les jetais à la corbeille.

Au mur de ma chambre j’avais accroché le poster du Larzac, un dessin représentant en noir sur fond jaune canari un casque de bidasse renversé d’où s’échappaient quelque épis de blé mûr. La moisson au profit des 103 paysans était pour un week-end à venir. Je ne sais plus pourquoi je n’y suis pas allé. C’est dommage j’y aurais peut-être acheté une montre Lip.

Lip. Voilà encore une chose qui faisait rêver. Moi qui ne connaissais encore rien du monde du travail, je m’enthousiasmais à l’idée que dans les usines tout devenait possible, l’autogestion était un idéal qui se réalisait, là, sur les écrans de télé et dans les colonnes des journaux…

Pour en revenir à pourquoi je me suis senti rajeunir, c’est parce que je suis allé au cinéma voir un documentaire sur « les LIP ». Le refus des licenciements, la prise en main de l’usine, la vente de leur production par les ouvriers eux-mêmes, toute cette aventure est devenue tellement emblématique que le nom de Lip, au-delà du fondateur de l’usine et de la montre elle-même, désignait maintenant ceux qui les fabriquaient.

Si tout ceci vous rappelle quelques souvenirs émus, allez donc voir le film, si d’aventure il passe près de chez vous, on ne s’y ennuie pas une seconde, c’est très bien construit entre interviews récentes de quelques uns des acteurs principaux de l’époque, et images d’archives. Et puis vous aurez peut-être la chance, comme moi, que le réalisateur soit présent dans la salle et prolonge la soirée par un débat passionnant.

Le film s’intitule « les LIP, l’imagination au pouvoir » et il est signé Christian Rouaud.

Posté par philg à 08:40:24 - chroniques des choses lues - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 mars 2007

doisneau

L’exposition est superbe. Evidemment : c’est Doisneau.

De la tendresse.

De l’humour.

Le charme maintenant suranné du noir et blanc.

De la vie.

Et Paris.

J’ai eu de la chance, ils ont prolongé l’expo jusqu’au 3 mars.

Mis à part la beauté des photos elles-mêmes, l’exposition est un spectacle en soi. Je m’amuse à voir les gens circuler, regarder, s’extasier, rire. Doisneau les aurait peut-être aimés. D’une galerie qui domine les salles principales, je m’attarde à regarder tout ça.

Des vues.

Des vues, encore, une vue du moins, lorsque je suis monté là-haut, le crépuscule tombant, éclairant d’un ton chaud la façade de l’église que j’aperçois à travers le cadre géométrique de la verrière.

Un spectacle.

Lorsque j’attendais dehors qu’on veuille bien me laisser entrer, j’ai vu ce que le photographe, j’en suis sur, aurait aimé fixer sur la gélatine, le genre de scène incongrue qu’il semblait affectionner : un quidam en scooter pas du dernier cri, entièrement rouge, comme les chaussures et le blouson de son conducteur, et couvert de logos Ferrari, je vous demande un peu, un engin, peut-être le plus lent de toute la rue, portant les habits d’une formule un. Et le gars portant blotti contre sa poitrine, un chienchien ridicule, un teckel peut-être, je n’y connais rien en clébards, enfin un molosse, quoi, mais je n’ai jamais vu ça, ce chien coiffé d’un casque de motocycliste à sa dimension.

Posté par philg à 08:45:11 - chroniques des choses lues - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4   Page suivante »