12 novembre 2012

orange

J’ignore pourquoi ma mémoire teinte obstinément d’orange une chaude soirée de juin d’il y a trente-six ans. J’ignore pourquoi ma mémoire régurgite obstinément cette soirée-là. Une soirée où il ne s’est rien passé de remarquable, sinon que, tandis que je bossais depuis moins d’un an, tout jeune employé à l’efficacité déjà optimale, un buffet dinatoire avait été organisé dans les bureaux surchauffés. Il y avait de la musique. On avait dansé. Je ne me souviens pas de la couleur de la chemise que je portais, mais je me souviens qu’elle... [Lire la suite]
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25 juin 2012

l'orge

Tandis que nous cheminions au bord de la rivière, les bras déjà hérissés par la fraîcheur du soir, me sont revenus des souvenirs de sentiers d’ombre. Je revoyais le cours d’eau de mon enfance, dont les rives n’avaient encore pas été aménagées pour la promenade. C’était une paisible rivière francilienne, qui s’alanguissait parmi des massifs d’orties, sous l’abri inquiétant des peupliers trembles. Des pas incertains dans la glaise avaient fini par tracer une vague sente serpentant entre divers obstacles plus ou moins naturels, dont des... [Lire la suite]
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21 mai 2012

s'ancrer

Retrouver pour quelques jours, l’année dernière, le pays (un des pays) de mon enfance m’avait empli de joie. Je pouvais marcher dans d’anciens pas. Je pouvais te montrer. Je pouvais découvrir, aussi, avec toi. Car je suis bien loin d’avoir tout connu autrefois. Je me questionnais aussi. Le pays avait changé. Il s’était distendu, il n’était pas exactement conforme à ma mémoire. Mais la mémoire nous joue des tours, comme chantait je ne sais plus qui, nous qui croyions que notre amour… Maxime, non ? Depuis quarante ans, le pays... [Lire la suite]
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09 mai 2012

à l'épervier

Nous filions à travers le vieux pays ; la terre était mate, le ciel roulait bas. Inutile même de parler des hirondelles et de leur façon de voler. Parfois, au loin, nous distinguions une forme claire se mouvant à ras de champ. Quel oiseau est-ce, demandais-tu ? Je ne savais pas. Je ne reconnais que les geais. Celui là n’en était pas un. Je le vis s’élancer, puis planer un instant au-dessus de la vague céréalière. J’ai pensé à un rapace. Malgré ça, je t’ai dit : une mouette. De toute manière les oiseaux sont un peu... [Lire la suite]
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03 mai 2012

revermont

Protégés à l’abri d’une bulle, celle de l’habitacle automobile, nous nous heurtons sans cesse à la maussaderie des éléments. Il me suffit pourtant de te regarder pour occulter le noir, ne permettant pas à la pluie dégoulinant sur les vitres de me transir virtuellement. La voiture file en chuintant sur l’autoroute, tandis que le lent mouvement de métronome produit pas les essuie-glaces ne parvient heureusement pas à m’hypnotiser. Le téléphone sonne. Tu décroches. Je ne saisis que des bribes de la conversation, mais je sais qu’à... [Lire la suite]
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21 mars 2012

base aérienne

La fenêtre bée sur la chaleur du jardin. La chaleur irradie des persiennes closes, je me hasarderai pas à toucher le métal brûlant, il m’en cuirait. J’observe la poussière danser dans les rais diffusés par les fentes. Il est treize ou quatorze heures, une de ces heures torrides de début d’après-midi. Je n’ai pas envie de dormir. Je pourrais crier que j’ai passé l’âge, ce qui serait faut, mais je m’abstiens. Je préfère m’abandonner au silence engluant la ville. J’aime cette solitude tranquille. Si seulement elle n’était pas troublée... [Lire la suite]
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19 janvier 2012

hirondelles

Chez nous, il est des voies ferrées partant à l’assaut des montagnes. J’ai découvert ça alors que j’étais enfant. Nous attendions sur le quai. J’aimais ça : attendre un train. J’aimais plus encore monter dans le train, m’y asseoir, et me laisser bercer par le staccato des boggies. N’allez pas croire, je me laissais bercer, ce qui ne signifie pas que je m’endormais. Bien au contraire, j’étais scotché à la vitre et je buvais le pays, littéralement. Ce train-ci n’était pas un vrai train, il n’était pas tracté par une locomotive... [Lire la suite]
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30 décembre 2011

prairies

Autrefois nous voyagions au fil des routes tranquilles. Il valait sans doute mieux. Quoi qu’il en soit mon caractère d’enfant s’adaptait bien à cet état de choses. Je faisais coulisser la vitre et je glissais mon nez au dehors. Ainsi ai-je appris à me griser d’odeurs, en plus du plaisir de la fraîcheur plaquée par la vitesse sur mes joues. Encore que la vitesse de la 4L était fort relative, même dans les descentes. Nous revenions du sud. Vous savez, le sud, les odeurs de garrigues, les genêts cévenols, des odeurs fortes, la... [Lire la suite]
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27 novembre 2011

quatre couleurs

Dans la file d’attente au feu rouge, nous patientons devant la vitrine d’un artisan. Un menuisier, il faut croire. Il me semble qu’il est question de fenêtres et de volets. Entre autres. Chaque spécialité est symbolisée par une couleur. Rouge, bleu, jaune et vert. Quatre jolis carrés les uns sous les autres. Quatre couleurs. Ça n’évoque rien chez vous ? Chez moi si. Je ne saurais dire à quel âge j’ai eu le premier. Ni qui me l’a offert. Pour un noël, alors que je ne croyais plus au bonhomme coca-cola ? Pour une autre... [Lire la suite]
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21 novembre 2011

mungo jerry

Les radios à chansons m’agacent. C’est entendu, je préfère la radio qui cause. Je n’achète pas de journal et je ne regarde pas les infos de la télé, c’est donc mon moyen favori d’avoir accès aux actualités. J’aime d’ailleurs mieux quand ça cause d’autre chose que de l’actualité. Parce que si c’est pour entendre rabâcher la dernière trouvaille du gouvernement pour tondre la laine sur le dos des salariés, comme en ce moment avec cette histoire de carence en cas d’arrêt de maladie. Carence : d’après une des définitions de mon bob,... [Lire la suite]
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