13 février 2015

rougail (3)

Suite et fin de l'histoire à l'usage des amateurs de lettres et d'outremer. Il faut couper les saucisses en rondelles, comme j’ai dit. Peler et épépiner les tomates. Beaucoup de tomates. Émincer les oignons. Beaucoup d’oignons. Le rougail est un plat qui ne se satisfait pas du peu. Alors beaucoup de tout. Et beaucoup d’amour, comme disait Amélie. Il faut faire revenir les oignons dans de l’huile d’olive. Laisser blondir à feu doux, prendre son temps, ne rien brusquer. Qu’ils soient biens fondants. Ensuite, rajouter les rondelles de... [Lire la suite]
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12 février 2015

rougail (2)

suite de l'histoire pour les amateurs de lettres et d'outremer ...Je humais le parfum des saucisses plongées dans l’eau frémissante, qui s’évadait par la fenêtre ouverte. Ça me faisait chavirer. Je posais mon livre ouvert sur le banc, et je me ruais dans la cuisine. Amélie se tenait assise au bout de la table, ceinte dans un tablier aux couleurs indéfinissables tant il avait été porté. Lorsque j’entrais, son visage sombre s’éclairait, et ça faisait comme le soleil qui filtre à travers les feuilles du filao. Le garouil paierait... [Lire la suite]
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11 février 2015

rougail

Une histoire pour les amateurs de lettres et d'outremer.   Rougail est un joli mot. Il sent bon l’air marin et le curcuma. Il sent là-bas, cette île où je suis née. Cette île que j’ai aimée. Pour moi, rougail est le bon mot. Tellement bon qu’on en mangerait. D’ailleurs c’est bientôt midi. Ce mot-là me donne faim. Je n’ai rien trouvé d’autre. Je n’en peux plus du gris. Ici il manque la couleur. Tout est blanc ou noir ou gris. Murs blancs et ardoises noires. Rues grises. Ciel gris le plus souvent. Les gens sont gris, je crois.... [Lire la suite]
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20 juin 2014

l'empreinte

Une fantaisie que je crois avoir publiée en son temps quelque part, mais je ne sais plus où (je ne l'ai pas trouvée dans les Défis du Samedi).  &&&&&&&&&&&&&& Tandis que nous attendons le moment de l’embarquement, je me remémore avec délices notre soirée de samedi. Ce soir là, c’était crémaillère. Les pendaisons de crémaillère, c’est souvent le samedi. Mais la réciproque n’est pas vérifiable. Tous les samedis soirs ne sont pas consacrés à des pendaisons de crémaillère. ... [Lire la suite]
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15 octobre 2013

sous un porche (cinéma muet)

Elle marche dans la rue. C’est l’été. Les murs sont de briques. Le sol est pavé. Elle marche. Elle n’est pas une icône. Elle est belle, de cette beauté qu’on aimerait toucher. Soudain il pleut. Elle ne marche plus, elle court. Elle doit s’abriter. Courir n’est pas facile, avec ses hauts talons sur les pavés glissants. Elle se réfugie sous un porche. Soulagée sans doute. Elle soupire. Elle ruisselle. Elle est trempée. Ses vêtements ne la voilent plus. Il se peut qu’elle ait soudain froid. Elle s’enlace dérisoirement de ses bras nus.... [Lire la suite]
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07 mai 2012

page 23

J’ai peur. Peur de moi-même, en fait. C’est à cause de l’image, cette fois.On dirait un totem. Nous avons cherché partout. Les gosses m’ont aidé.Des livres, il y en a partout, dans cette maison. Il y a des livres dans toutes les pièces. Nous croulons sous les livres. Vouloir trouver un livre en particulier, c’est une gageure. Alors quand on ne sait même pas ce qu’on cherche… C’est Camille qui l’a trouvée. L’image. Où as-tu trouvé ça ? Ai-je demandé. Elle a montré le coffre où je range les bouteilles de scotch. C’était dessous,... [Lire la suite]
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25 septembre 2011

promenade dans le parc

Nous aimons bien nous promener dans le parc, Elle et moi. Notamment en septembre, quand il fait beau, comme en ce moment. La lumière y est si tendre. Les parfums y sont si suaves. Parce que vous ne savez peut-être pas, mais dans l’ombre des grands chênes, les champignons poussent à foison. On y trouve des coulemelles, des rosés. Et des cèpes, bien sûr. On rencontre aussi, hélas, la lépiote brune et le cortinaire, ainsi que toutes sortes d’amanites plus ou moins expéditives. Alors vous comprendrez que nous préférons nous y balader sans... [Lire la suite]
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21 avril 2011

mauvaise journée

Quand j’ai vu les deux foutues bonnes femmes avancer vers moi, ce soir là, sur le trottoir gris longeant la banque, je me suis dit que la journée serait mauvaise. Pourtant, jusque là, rien n’avait spécialement été de travers, bien au contraire, puisqu’on m’avait proposé de prendre en charge le site intranet de la direction, ce qui fait que j’avais passé une partie de l’après-midi à examiner les œuvres des autres départements de la boîte. Ma foi, m’étais-je dit, il y a mieux à faire. Sauf que je n’y connaissais à peu près rien. Ces... [Lire la suite]
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20 avril 2011

huit coeurs

Par un après midi d’avril nous avons fui les sommets enneigés. Dans la vallée aussi, le soleil, tel un aimant. Je me souviens que nous nous sommes aventurés dans le lit d’un torrent encore sec. Les galets instables se dérobaient sous nos pas, tandis que les saules nains s’agrippaient au bas de nos jeans. Plus loin, la route s’enfonçait entre deux hautes barrières de montagnes austères. C’est toi qui les trouvais austères. Moi je les aimais.   Nous avons fait halte dans une ville noire. En montagne, les villes sont facilement... [Lire la suite]
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30 novembre 2010

le kiosque

Je rêvais, je crois. Oui, je rêvais. Nous étions nous. Dans la brume d’une fin d’été je voyais se dresser un minaret. Et aussi des blocs immenses de verre et d’acier, de la poussière de ciment, la modernité. Nous avons traversé une rue. Ou bien était-ce un fleuve ou un océan ou un désert ? Nous avons passé un porche. Il me semblait démesuré. À la mesure de notre amour ? Sur la pierre étaient inscrits les siècles et les siècles. Tu portais une veste rouge. Nous nous sommes engagés dans... [Lire la suite]
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