Les températures ont chuté. Les premiers frimas se laissent entrevoir, bientôt les matins se couvriront de givre. Le ciel reste uniformément gris, d’un gris à ne pas mettre un auteur dehors, donc un temps à rester attelé à l’ordinateur. Néanmoins je sors. Il convient de purger les robinets extérieurs. Et tout à l’heure nous irons en forêt ramasser des fougères dont nous recouvrirons ensuite rhubarbes et sauges, entre autres, en vue de leur hivernage. J’imagine qu’en dépit de la froideur je serai heureux d’effectuer quelques pas sur un sentier souple, je serai sûrement attiré par les splendeurs colorées des feuillages illuminant le gris. Je m’arrêterai au bord du chemin et je sortirai de ma poche mon téléphone portable afin d’immortaliser l’instant. Plus tard je posterai l’image sur le web, car j’aime partager mes émerveillements. C’était hier. Sur place, je me souviens, j’ai  entendu un bruit inattendu. Autre chose que celui du trafic incessant sur la route proche. Une sorte de crépitement. J’ai levé les yeux. Le jaune s’éparpillait, le mordoré aussi. Ce crépitement curieux était produit par les feuilles qui tombaient des chênes.

 

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