Nous étions début septembre, un lundi. Nous avions consulté la météo. Contrairement à celle de la veille elle était prévue clémente. Pourtant, s’il n’y avait qu’un nuage, il serait pour nous. Un gros nuage. Nous venions à peine de quitter les remparts de la citadelle quand nous dûmes nous résoudre à passer nos capes de nylon, que nous savions déjà être assez peu imperméables. En marchant nous avons atteint les abords du marais. Le soleil apparut, chaud immédiatement. La terre transpirait. Au loin le marais miroitait. Nous avons contourné quelques parcelles boisées, d’autres cultivées. Çà et là, quelques arpents de vigne. On avait commencé la vendange. Le raisin était en avance. Je crois que nous avons eu la même soif au même moment. D’un pas accordé, nous nous sommes dirigés vers le premier rang de vigne. Du chardonnay ? Du sauvignon ? Du colombard ? Je ne sais. Du blanc. Les grains d’un beau jaune doré, encore humides de l’averse. J’ai cueilli une grappe. Sacrilège ! En marchant nous nous sommes mis à picorer les grains. Je voyais tes yeux. Ils riaient. Du raisin, tu penses. Notre première grappe de la saison.

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