« Au printemps au printemps

Et mon cœur et ton cœur

Sont repeints au vin blanc… »

Et nous en avons profité pour repeindre notre quotidien en débouchant une bouteille de chenin. Quelque chose comme de la joie dans le verre, et qui donnerait envie de repeindre souvent. Et justement, un bref instant, la joie prenait le dessus sur la fatigue pour illuminer nos visages. Le printemps est là. L’un de nous l’a dit. Je pourrais en profiter pour disserter sur les premières violettes, les premières primevères sauvages (ou pas), les premières jonquilles. Je l’ai déjà fait. Chaque année à la même période. Même si la violette nous donne le sourire, à quoi bon se répéter. Les jonquilles, nous les avons guettées. J’ai averti Elle : regarde bien, dans le bosquet, après l’aire d’autoroute. C’était près d’Orléans. L’an dernier le sous-bois en était couvert. Et de fait, cette fois-ci encore, le tapis jaune a ensoleillé fugitivement notre course. Mais la lumière et la couleur ne suffisent pas. La sensation du printemps se goûte. Sur la peau et dans les verres. Un peu de chaleur sous le manteau, juste trop, histoire de transpirer un peu, sans rien faire, à juste être assis à la terrasse d’un café, au coin du boulevard Richard Lenoir. Un peu de fraîcheur dans le cristal, juste assez, histoire de croire à un été prochain. Se serrer un peu, l’un contre l’autre, main dans la main, raviver en pensée une vieille chanson, et se sentir bien, juste bien.

 

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