Pourquoi cours-tu comme ça ? Bonne question. En l’occurrence, il s’agit du titre d’un recueil collectif de nouvelles que je lis actuellement lors de mes trajets en TER. La réponse à la question pourrait être multiple. Chacun de nous a sa propre réponse. Courir pour brûler des calories et pour me décaper la tête. Voici ce que pourrait être la mienne. Il est vrai qu’en courant, j’ai parfois l’impression de penser à cent à l’heure, bien plus vite en tous cas que ma modeste allure. Il arrive même que j’écrive. Du rythme de mon souffle jaillissent des phrases, dont généralement je ne me souviens plus au moment de les coucher sur papier. À peine si j’en ai retenu l’idée. Pour en revenir au recueil, je présume que chacun des personnages habitant les nouvelles répond à une motivation qui lui est propre. Pour le moment, je ne peux pas entièrement en juger, je n’ai lu que les deux premiers textes du livre. Le premier ne m’a pas spécialement emballé. Par contre, j’ai dévoré Tandem. Je me suis laissé gagner par l’émotion. J’ai été surpris, sans l’être vraiment. Ma surprise a été de me sentir chez moi dans le contexte. Je n’ai pourtant jamais mis les pieds au Québec. Mais courir, bien qu’étant complétement dilettante, je sais ce que c’est. De même que le rapport à la maladie, la tendresse et l’admiration intacte qui sous-tendent les relations du personnage avec un proche en rémission (dans cette histoire, un fils et sa mère). Au moment de commencer la lecture de cette nouvelle, j’étais intimement convaincu que l’émotion serait au rendez-vous, et que je ne serais pas déçu. J’ai d’ailleurs commandé ce livre pour cette raison précise : j’avais confiance en l’auteur, et j’étais curieux de savoir comment elle allait traiter un sujet qui ne m’était pas étranger.