le carnet vert

impressions d'hier et d'aujourd'hui

30 avril 2007

prière

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Hier soir, cette nuit plutôt, je lisais un polar, un de ces ouvrages dont je me suis toujours délecté et où la mort n'est, comment dire, ... qu'une figure de style. Je lisais ça sans trop de conviction, sans bien enregistrer les ressorts de l'intrigue, encore tout abasourdi par la funeste nouvelle dont je venais d'être informé par mon répondeur.

Oui, parce que la mort, la vraie, on l'oublie souvent, mais elle est néanmoins tapie là, quelque part, prête à faucher n'importe lequel d'entre nous. Ainsi viens-je d'apprendre le décès brutal d'un de mes collègues, et, voilà... eh bien je suis bouleversé.  Je crois que nous n'avions pas beaucoup d'idée en commun, que ce soit en politique ou tout simplement dans notre façon d'appréhender la vie, mais quand on a cotoyé les gens pendant plus de vingt ans on a néanmoins partagé de larges tranches de vie. Alors j'ai envie de le remercier pour les empreintes qu'il aura laissé pendant toutes ces années sur mon existence à moi. Voilà, c'est dit.

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24 avril 2007

falaises

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Le ciel avait beau être limpide, les façades avaient beau prendre une belle teinte mordorée dans le soleil déclinant, il n’empêche qu’un vent frisquet balayait les rues et les quais. Mais quel plaisir néanmoins, après avoir essuyé une pluie dense et continue sur au moins deux cent kilomètres.

Je ne reconnaissais pas grand-chose de la ville, ni même de son port. Pourtant je me souviens qu’autrefois je m’étais rassasié de la vue de beaux murs de briques se mirant dans l’eau sale, comme un avant goût du nord.

Nous avons déambulé dans des rues pentues et venteuses. Les goélands criaillaient au-dessus de nous. Nous avons poussé des portes. Nous avons apprécié l’intimité d’un jardin public.

Nous avons mitraillé les pavés huileux du port, les coques chamarrées des barques, les fières silhouettes des éoliennes dominant la ville.

Je ne reconnaissais rien.

Nous avons repéré par avance les emplettes que nous ferions de soupes de poisson, de saumon fumé, de harengs saurs. J’en salivais d’envie.

Elle a acheté de larges crêpes au sucre dont nous nous sommes régalés sur le front de mer. Elle riait. Elle était comme une enfant. Nous étions bien.

Nous étions comme fascinés par l’étrave dorée des hautes falaises qui, de part et d’autre de la plage, semblaient fendre la mer, comme si nous ne savions pas que c’était le contraire, que c’était le travail de sape des vagues qui rongeait sauvagement la pierre blanche et qui parfois provoquait des écroulements terribles.

Nous avons longuement contemplé le dessin mouvant que traçait l’écume sur la grève. Nous avons figé quelques uns de ces mouvements, sachant que le silence de la vue restituée nous paraîtrait ultérieurement incongru tant nous étions soûlés par l’incessant raclement des galets retournés.

Soudain une légère brume enveloppait la partie la plus lointaine de la falaise sud. Le soleil avait encore décliné. Ivres d’embruns nous retournions alors vers les rues sombres, heureux.

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23 avril 2007

tout ça pour ça

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Un fort taux de participation au scrutin pour (a priori) si peu de changement.

Tout va pour le mieux, alors ?

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22 avril 2007

vorsicht

Vous n'avez pas encore voté ? Ben, dépêchez-vous !

Enfin,

Faites gaffe quand même...

... n'allez pas trop vite...

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... les gendarmes sont de sortie !

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13 avril 2007

absence

Voilà. C'est décidé, je pars quelques jours en vacances. Bon, je ne suis pas fou, je sais bien que la météo est plus volontiers riante lorsque ce sont les autres qui sont en vacances, vous par exemple. N'empêche, je suis sûr que ça va me faire du bien...

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10 avril 2007

ouverture

Le film s’achève sur une énorme bouffée d’émotion. Un film magnifique que je vous recommanderai sans doute plus tard. Pour le moment je me projette dans le passé. Il faisait déjà nuit, j’étais près d’arriver à la maison. C’était une nuit humide et fraîche d’automne. Une méchante petite bruine m’obligeait à activer les essuie-glaces. Il était presque l’heure. L’heure de quoi ? L’heure juste, je ne me souviens plus laquelle, 19 heures ou 20 heures, ou encore bien plus tard dans la nuit, quelle importance. D’ailleurs, je dis ça, mais les souvenirs étant ce qu’ils sont, c'est-à-dire flous pour ce qui me concerne, si ça se trouve on était au lendemain de l’évènement, et de flash en journal, la ferveur avait enflé au fil des heures, allez savoir. J’étais presque arrivé, disais-je, c’était l’heure du flash infos de la radio. L’information fut alors si forte, si grandiose qu’elle en fut unique. Je tremblais d’émotion. Je crois que des larmes me venaient aux yeux. Un peu plus tard, je restai un long moment dans le noir du garage, scotché immobile au volant de la voiture silencieuse, abasourdi par la puissance de la nouvelle.

J’aurais pu faire une devinette, vous demander quel évènement avait bien pu ainsi me bouleverser le 9 novembre 1989, mais à quoi bon, je sais que ce ne sera pas de jeu, puisqu’il vous suffira de poser la question à gougueule.

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09 avril 2007

pissenlits

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Je me souviens qu’un dimanche après-midi de printemps nous nous promenions dans les chemins derrière chez nous. Pas main dans la main, non : j’étais aux commandes de la poussette. Une des filles y babillait, heureuse.

Nous étions parvenus en haut d’un pré en pente légère, et nous fûmes éblouis par l’éclat de tout ce jaune qui mangeait l’espace, escamotant ainsi le vert cru du renouveau. Ce pré était comme une plantation de pissenlits. Il y en avait tant que tu me dis soudain que fatalement le vent en porterait les graines jusqu’au jardin, que nous devrions plus tard nous armer de nos meilleurs opinels pour les attaquer jusqu’à la racine.

Cette explosion de couleur digne du pop art me renvoyait dans un passé enfoui. Bien sûr.

Impressions.

Un autre dimanche, ou alors un samedi, alors que j’étais descendu d’une montagne aux neiges fondantes, au volant de ma 204 j’avais traversé vallées et collines. Aux abords de Rumilly j’avais vu la même explosion colorée, le bleu parfait du ciel, le vert cru des prés, et parfois ce jaune fou et envahissant de pissenlits par millions.

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06 avril 2007

cloches

Joyeuses Pâques à tous !

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05 avril 2007

estuaire

Pour tout dire, je ne sais pas comment ce sera. Je ne sais pas si nous serons attablés devant un plat de poissons, si nous parlerons tranquillement en buvant un vin blanc du cru, si nous regarderons rêveusement s’écouler le flot puissant et calme de l’estuaire, parfois ponctué d’une barque de pêche ou alors d’un énorme cargo qu’on verra glisser silencieusement, si nous verrons soudain le vent pousser une armée de vaguelettes à la surface de l’onde jaunâtre, si nous verrons le soleil rougir et se dissimuler peu à peu dans un lointain hérissé de saules au dessus desquels pointera le clocher trapu d’un village médocain, là-bas sur l’autre rive. Non, je ne sais rien de tout cela, sauf qu’il y aura entre nous, forcément, le souvenir ému de jours anciens où nous apprenions encore à être ensemble.

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04 avril 2007

brume

Les uns après les autres des arbres évanescents émergent de la brume. D’épais bancs cotonneux pèsent sur la campagne. Parfois on aperçoit les silhouettes de quelques bovins impavides.

Sur un horizon incertain apparaît enfin le disque vermillon du soleil.

Annonce-t-il le retour des hirondelles qui annoncent le printemps ? La modeste cabane de tôles a pris place à l’abri de la plantation de peupliers habituelle. Déjà une fumée bleutée s’élève et se mêle à la brume : le bouilleur de crus est revenus. Je devine déjà des matins clairs où il nous fera au passage un joyeux signe de la main, comme pour faire démarrer la journée sous d’heureux auspices.

Posté par philg à 16:07:23 - chroniques du temps qui passe - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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