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Jean-Claude a cinquante ans. Il est huissier de justice. Il vit seul. Il rend visite chaque dimanche à son vieux père acariâtre dans sa maison de retraite. Rien de bien drôle. Rien d’étonnant à ce qu’il traîne sa silhouette harassée dans les escaliers. D’autant qu’à son âge, son cœur fatigue. Il doit faire de l’exercice. C’est pour cela qu’il s’inscrit au cours de tango qu’il aperçoit depuis la fenêtre de son bureau. Et c’est là que, sans le vouloir, il séduit une jeune femme qui pourrait presque être sa fille. Et qu’il est séduit par elle.

Ne soyez pas rebutés, il n’y a aucune mièvrerie là-dedans. Mais beaucoup de sensibilité. Assez peu de paroles. Beaucoup de sentiments sont exprimés dans les regards, le regard désabusé de l’homme et le regard lumineux de la jeune femme. Cette rencontre, somme toute banale, constitue le ressort du film. Mais au-delà, ce sont les relations entre père et fils qui sont mis en lumière, avec tout leur cortège de non-dits. C’est également l’emprise du cocon familial, parfois étouffant.

L’impression que je retiens de ce film ? D’un bout à l’autre une émotion intense, sans temps mort. Le film n’est pourtant jamais triste. Au contraire, l’humour y est distillé tout en finesse. Et les comédiens sont excellents. Inutile de préciser que pour moi Patrick Chesnais renforce là son statut d’acteur préféré.